Interrogé ce 16 juin à la sortie de son jour de repos à Castel Gandolfo, le pape Léon XIV a annoncé qu'il envisageait de lancer un nouvel appel aux lefebvristes. Il a cependant rappelé que les membres de ce mouvement "refusent d’accepter certains éléments fondamentaux de l’Église", dont "certains points du Concile Vatican II".
Léon XIV envisage de lancer un nouvel appel aux lefebvristes avant les ordinations épiscopales illégitimes du 1er juillet. C’est ce qu’il a confié aux journalistes qui l’attendaient à la sortie de son jour de repos à Castel Gandolfo, ce 16 juin 2026. Interrogé sur la question des lefebvristes, groupe traditionaliste qui a annoncé vouloir ordonner des évêques sans l’accord du Pape, il a confié réfléchir à leur lancer à nouveau un appel à ne pas concrétiser ce projet – qui provoquerait une situation schismatique – et à vivre "en communion dans l’Église".
Reconnaissant que "pour l’Église, la division entre les chrétiens est toujours un point douloureux", il a cependant rappelé que les membres de ce mouvement "refusent d’accepter certains éléments fondamentaux de l’Église", dont "certains points du Concile Vatican II". "Mais c’est leur choix", a-t-il glissé, assurant que Rome devait "continuer à avancer" malgré tout. Après une rencontre au dicastère pour la Doctrine de la foi en février dernier, le supérieur de la FSPPX, le père Davide Pagliarani, a confirmé le maintien de ces consécrations de quatre nouveaux évêques.
De nombreux désaccords
Pour mémoire, près de quarante ans après les sacres d’Écône de 1988, la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX) s'apprête à consacrer des évêques sans mandat pontifical. Le 26 mai 2026, elle a dévoilé les noms des quatre prêtres qui seront sacrés évêques le 1er juillet : les abbés Michel Poinsinet de Sivry, Pascal Schreiber, Michael Goldade et Marc Hanappier. Une perspective qui ravive l’un des dossiers les plus sensibles des relations entre Rome et la Fraternité. "Les principaux désaccords portent sur plusieurs points doctrinaux majeurs du concile de Vatican II", a ainsi détaillé auprès d'Aleteia le père Albert Jacquemin, ancien membre de la Fraternité jusqu’en 1988, aujourd’hui prêtre du diocèse de Paris, docteur en droit canonique et président du Tribunal pénal canonique national de la Conférence des évêques de France. "Mgr Lefebvre estimait notamment que la déclaration sur la liberté religieuse contredisait explicitement la doctrine traditionnelle du règne social du Christ. Il voyait également dans la collégialité épiscopale une forme de "parlementarisme" susceptible d’affaiblir la primauté pontificale." Et de poursuivre : "Quant à l’œcuménisme, il considéra qu’il tendait à relativiser la vérité de l’Église catholique."
aleteia
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