mercredi 2 septembre 2026

La “religieuse la plus rapide de l’Ouest”

 


SISTER Blandina Segale


Plutôt que la légende Billy the Kid, connaissez-vous la vraie sœur Blandina Segale ? Le Vatican vient de reconnaître les vertus de sa vie héroïque et pourrait bien la déclarer rapidement comme nouvelle sainte américaine et un exemple à suivre. Sa vie donnée aux autres est en effet inspirante et édifiante pour tous les "kids" américains.

Encore une Américaine dans la lumière cette année ! Sœur Blandina Segale, une immigrée d'origine italienne, est notamment célèbre pour ses rencontres avec Billy the Kid et les foules en colère dans le Far West. Mais elle pourrait être bientôt mieux reconnue par l’Église universelle puisqu’un comité de théologiens du Vatican vient d'examiner sa vie pour déterminer si elle avait mené une existence marquée par des "vertus héroïques".

Et la décision est tombée à l’unanimité le 28 mai dernier : sœur Blandina Segale a bien mené une vie marquée par des vertus héroïques. À la suite de cette reconnaissance, les promoteurs de sa cause, qui se mobilisent depuis plusieurs mois, espèrent désormais une nouvelle étape décisive. Ils attendent en effet que, d’ici la fin de l’été, elle soit officiellement proclamée "vénérable" par l’Église, ouvrant ainsi la voie à une éventuelle béatification.

La religieuse la plus rapide de l'Ouest

Sœur Blandina Segale est née le 23 janvier 1850 à Cicagna, en Italie, et sa famille a émigré à Cincinnati, dans l'Ohio, quatre ans plus tard. Elle entre chez les Sœurs de la Charité de Cincinnati en 1866 et est envoyée dans l'Ouest en 1872. Son ministère principal consiste alors à enseigner aux pauvres, mais aussi à défendre les femmes, les enfants et les Amérindiens. Sur le site web qui est consacré à sa cause en canonisation, on peut y lire qu’elle "eut même de nombreuses rencontres avec le célèbre "Billy the Kid" et sa bande de hors-la-loi"!

"Elle dissuadait des foules d’hommes armés de se faire justice eux-mêmes et aidait les criminels à demander pardon à leurs victimes, allant jusqu’à sauver un homme de la pendaison en facilitant la réconciliation entre lui et l’homme qu’il avait abattu avant de mourir”, raconte encore le site. L'une des caractéristiques marquantes de la vie de sœur Blandina est sa confiance audacieuse en la providence divine : elle remettait tous ses besoins entre les mains de Dieu, lui permettant de pourvoir à tous ses besoins. Sœur Blandina Segale meurt à l'âge de 91 ans, le 23 février 1941 à Cincinnati, dans l'Ohio, et laisse derrière elle un magnifique héritage de l'engagement de toute une vie au service des plus pauvres. Gageons que sa future canonisation mette en lumière la beauté d’une longue vie donnée aux autres et à la recherche de la paix, plus lumineuse et édifiante qu’une légende violente telle que Billy the Kid.


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dimanche 16 août 2026

Léon XIV: Sainte Agathe aide à contempler la victoire de l’amour sur la mort

 



Le Pape Léon XIV a adressé une lettre au cardinal Secrétaire d’État Pietro Parolin, nommé légat pontifical pour les célébrations des 16 et 17 août à l’occasion du 900e anniversaire du retour des reliques de la martyre à Catane.

«Dans le martyre de sainte Agathe, illustre exemple de fidélité au Christ et d’amour jusqu’au don total de soi, la communauté ecclésiale contemple la victoire de la grâce sur la violence, de la foi sur la peur et de la charité sur la mort». C’est ce qu’écrit le Pape dans la lettre adressée au cardinal Secrétaire d’État Pietro Parolin, nommé légat pontifical pour les célébrations prévues les 16 et 17 août 2026, à l’occasion du IXe centenaire du retour des reliques de la martyre sainte Agathe à Catane.

Tuée sous la torture alors qu’elle était encore adolescente pour n’avoir pas renié sa foi lors des persécutions antichrétiennes déclenchées par l’empereur romain Dèce au IIIe siècle, sainte Agathe a pris part à la Pâque du Christ, écrit Léon XIV, et resplendit comme un «témoignage lumineux de la force que le Seigneur insuffle à ceux qui persévèrent fermement face aux tentations et aux épreuves».

Mémoire chrétienne du peuple

La «Santuzza», comme on appelle sainte Agathe à Catane, dont elle est la patronne, reste donc une «présence vivante qui préserve la mémoire chrétienne du peuple et l’appelle à une vie conforme à l’Évangile, ainsi qu’à l’espérance et à la charité», rendant visible la communion des saints et «renforçant chez les fidèles la conscience que l’Église pèlerine sur terre est soutenue par l’intercession et l’exemple de ceux qui ont déjà pris part à la gloire céleste».



vatican news

vendredi 14 août 2026

Jésus aussi passait du temps à table

 

NOCES-DE-CANA-GODONG

Crédit : Philippe Lissac / Godong

Les noces de Cana.

Noël, Pâques, les vacances d'été... Toutes ces périodes sont l'occasion de grandes tablées et d'heures, parfois bien longues, autour d'un repas festif. Mais tout au long de sa vie, Jésus ne rechignait pas à participer à des banquets, comme nous. Vraiment comme nous ? 

Les grandes fêtes et les moments de rassemblement sont souvent associés à de grandes tablées et à de longs repas. Ils peuvent pourtant sembler paradoxaux aux esprits les plus scrupuleux : comment concilier la célébration de valeurs d’humilité, de simplicité et de partage avec l’abondance d’un repas festif ? 

La question se pose, mais une part de la réponse est assurément à trouver dans la vie même du Sauveur devenu grand. Le Christ, effectivement, passe son temps à table. Ou, tout du moins, une partie importante. Ce qui est d’abord une rupture avec le judaïsme de son temps qui, respectant les préceptes du Lévitique, sépare le pur de l’impur, par des pratiques rituelles mais pas seulement. Être attablé avec une personne impure est également impossible : malades, prostituées, collecteurs d’impôts…

"Comment ! Il mange avec les publicains et les pécheurs !" (Mc 2, 16) s’étonnent ainsi les pharisiens. Ce n’est pas le moindre des bouleversements opérés par la venue du Messie. Il l’explique lui-même, à propos non des convives mais des mets : "Les invités de la noce pourraient-ils jeûner, pendant que l’Époux est avec eux ? Tant qu’ils ont l’Époux avec eux, ils ne peuvent pas jeûner. Mais des jours viendront où l’Époux leur sera enlevé ; alors, ce jour-là, ils jeûneront. Personne ne raccommode un vieux vêtement avec une pièce d’étoffe neuve ; autrement le morceau neuf ajouté tire sur le vieux tissu et la déchirure s’agrandit. Ou encore, personne ne met du vin nouveau dans de vieilles outres ; car alors, le vin fera éclater les outres, et l’on perd à la fois le vin et les outres. À vin nouveau, outres neuves." (Mc 2, 19-22)

Tout repas parle du Royaume

Voilà la loi nouvelle du Royaume advenu avec la naissance de Jésus, qui accomplit sans modifier. Qui donne tout son sens à la loi ancienne. Ainsi les prescriptions mosaïques, nombreuses, à propos des repas ou non, trouvent-elles leur sens dans l’amour, de Dieu et du prochain. Le Messie ne répond-il pas, à ceux qui lui reprochent de partager sa table avec des pécheurs, "ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin […], je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs" (Mt 9, 12-13) ? La commensalité est donc ici un message : Dieu est miséricorde, et la miséricorde se moque du jugement.

Le repas est aussi le signe de la vie éternelle, quand tous ceux qui auront accueilli le salut partageront la même condition, divine, avec le Créateur. Cette béatitude, qui commence le jour du baptême, est manifestée par le Fils de manière particulière par le banquet des noces de Cana. "Tel fut le commencement des signes que Jésus accomplit" (Jn 2, 11) explique par exemple le disciple bien-aimé au début de son évangile. Le vin de la nouvelle alliance, partagé par les convives, est celui de la grâce répandue par les sacrements et qui ouvre aux réalités d’en-haut. À table, donc, c’est le Royaume, présent dans l’eucharistie, attendu dans la Gloire, qui est rendu plus concret. Reste à le vivre, entre la tranche de saumon et le toast de foie gras.


vatican newns

mardi 11 août 2026

Saint Éphrem le Syrien, « la harpe du...............



EPHREM

Surnommé "la harpe du Saint-Esprit", le théologien-poète saint Éphrem le Syrien reste une figure emblématique pour l'Église latine comme pour les Églises orientales.

Saint Éphrem le Syrien (306-373) de Nisibe, une ville du sud-est de la Turquie, est un des grands théologiens des premiers siècles du christianisme. Il fut diacre et le resta par amour du service et par humilité. Surnommé "la harpe du Saint-Esprit", en raison de la beauté de ses poèmes composés en syriaque, il composait des hymnes pour instruire les chrétiens qui ne savaient pas lire et pour entretenir leur foi. Il est à l’origine de la pratique du chant liturgique, expression de la prière de l’assemblée pendant la messe. Et auteur d’un nombre considérable d’ouvrages, rédigés en langue syriaque puis traduits en plusieurs langues, qui lui ont valu le titre de docteur de l’Église, proclamé par le pape Benoît XVI, en 1920.

De Nisibe à Edesse

Éphrem s’est converti au christianisme à l’âge de 18 ans. Lancé dans la prédication et l’enseignement de la doctrine sacrée par l’évêque local qui l’avait pris sous son aile, il mit très vite à profit ses talents de poète et musicien en composant des hymnes et commentaires bibliques qui gagnèrent les cœurs et les esprits du peuple. Puis il y a eu l'invasion perse et, en 363, lui et son école théologique tout juste fondée sont partis s’installer à Edesse dans l'Empire romain. Se heurtant à un grand nombre de philosophies et de religions rivales qui se proclamaient chacune comme la vraie Église. La confusion était grande, mais, Ephrem le théologien poète a eu l’idée d’écrire d’autres hymnes qui séduisent les chrétiens. Il les a adaptés aux mélodies populaires syriaques. Le succès fut immédiat, de même que pour toutes les homélies et les commentaires bibliques qu’il rédigeait en même temps.

L’art de saint Éphrem est d’avoir réussi à "concilier d'une manière unique la vocation du théologien et celle du poète", explique Benoît XVI, dans une catéchèse qu’il lui a consacrée tout spécialement en 2007. Entre ses œuvres polémiques, ses commentaires bibliques, ses œuvres en prose poétique, ses homélies en vers, et enfin ses hymnes — son œuvre probablement la plus vaste — ce docteur de l’Église est aux yeux du Saint-Père "le plus grand poète de l'époque patristique" qui a su approfondir la réflexion théologique, en se servant de paradoxes et d’images. Et en grand compositeur et musicien qu’il était, sa théologie est devenue liturgie et musique. Chez lui, théologie, réflexion sur la foi, poésie, chant, louange de Dieu. "Tout cela va de pair", relève Benoît XVI. Et si Éphrem suit "le chemin du paradoxe et du symbole", c’est pour mieux "souligner le mystère de Dieu". Tout comme il se sert de ses hymnes pour diffuser la doctrine de l’Église, à l'occasion des fêtes liturgiques. Et, au fil du temps, ceux-ci deviennent un moyen de catéchèse extrêmement efficace pour la communauté chrétienne.

Un serviteur toute sa vie

Quant au fait qu’Éphrem n’ait jamais voulu aller jusqu’au sacerdoce, mais rester diacre toute sa vie, Benoît XVI y voit "un choix emblématique", révélateur de son désir de "servir, dans les offices liturgiques comme dans l'amour du Christ qu'il chantait... mais aussi dans la charité envers les frères qu'il ouvrait avec grande maîtrise à la connaissance de la Révélation". Éphrem menait en effet, au sein du monde, une vie marquée par l'ascétisme, la contemplation et la charité. C'est d'ailleurs en se dévouant auprès de pestiférés, lors d'une épidémie, qu'il contracta la maladie et en mourut en l'an 373.

Saint Éphrem est également connu pour être le premier chantre de Marie, et pour être resté l’un des plus grands. On lui reconnait un recours humble, douloureux, tendre et confiant à Marie, que nul autre n’aura avant longtemps. Aujourd’hui encore résonnent ses paroles : "Le jour où Marie accepta la volonté de Dieu, elle est devenue le ciel qui porte Dieu. En elle, se sont établies toutes les paroles des prophètes et des justes. Elle est le cep de vigne qui a porté la grappe".


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