lundi 20 avril 2026

“Faible” ? La réponse de Léon XIV à Donald Trump

 

DONALD-TRUMP-shutterstock

Donald Trump.


"Progressiste", "faible"... Dimanche 12 avril, Donald Trump n'a pas mâché ses mots concernant le pape Léon XIV, dont les appels à la paix répétés ne sont manifestement pas au goût du président américain. Le pape Léon XIV a lui-même réagi, affirmant ne pas souhaiter "entrer dans un débat" avec le président américain et réaffirmant son message de paix.

Le président américain  Donald Trump a affirmé dimanche 12 avril qu'il n'est "pas un grand fan" du pape Léon XIV qui avait la veille prononcé une virulente allocution contre la guerre, et s'est livré à une violente diatribe contre lui sur les réseaux sociaux. "Je ne suis pas un grand fan du pape Léon. C'est quelqu'un de très progressiste, et c'est un homme qui ne croit pas à la lutte contre la criminalité", a déclaré Donal Trump aux journalistes à la base militaire d'Andrews, dans le Maryland.

Il a accusé le souverain pontife de "faire joujou avec un pays qui souhaite se doter de l'arme nucléaire", en référence à l'Iran. Peu après, Donald Trump a publié un long message sur son réseau Truth Social, accusant pêle-mêle Léon XIV de soutenir le programme d'armement nucléaire iranien, de s'être opposé à l'opération militaire américaine au Venezuela en janvier et de rencontrer des sympathisants de l'ex-président démocrate Barack Obama, entre autres.

"Je ne suis pas un politicien, je n'ai pas l'intention d'entrer dans un débat avec lui, le message est toujours le même: promouvoir la paix." Léon XIV au sujet des propos de Donald Trump

"Le pape Léon est FAIBLE face à la criminalité, et catastrophique en matière de politique étrangère", débute le message du président américain. Il y soutient plus loin que Léon XIV a été nommé pape "simplement parce qu'il est Américain, et que (l'Eglise, ndlr) s'est dit que ce serait la meilleure façon de gérer le président Donald. J. Trump", affirmant : "Léon ne serait pas au Vatican si je n'étais pas à la Maison Blanche."

"Je ne veux pas d'un pape qui critique le président des Etats-Unis, car je fais exactement ce pour quoi j'ai été élu, DE FACON ECRASANTE, à savoir faire baisser la criminalité à des niveaux historiquement bas et créer le plus grand marché boursier de l'histoire", a aussi écrit le président républicain. Donald Trump a accompagné son message d'une image générée par intelligence artificielle dans lequel on le voit, en toge blanche et rouge, apposer sa main sur le front d'un malade sur un lit d'hôpital, entouré de personnes en prière, et sur fond de drapeau américain, de Statue de la Liberté, d'avions de chasse, d'aigles et d'autres figures dans le ciel.

Ce lundi 13 avril, le pape Léon XIV a lui-même réagi à cette attaque frontale, affirmant ne pas avoir "l'intention d'entrer dans un débat" avec Donald Trump. "Je ne suis pas un politicien, je n'ai pas l'intention d'entrer dans un débat avec lui, le message est toujours le même: promouvoir la paix", a déclaré le pape américain aux journalistes à bord de l'avion l'amenant en Algérie.

Ces propos venimeux ont suscité la réaction des évêques américains, qui ont réagi le 12 avril par la voix de l'archevêque Paul S. Coakley, président de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis. "Je suis consterné que le Président ait choisi d'écrire des paroles aussi désobligeantes à l'égard du Saint-Père. Le pape Léon n'est pas son rival ; le Pape n'est pas un homme politique. Il est le Vicaire du Christ qui parle selon la vérité de l'Évangile et pour le salut des âmes."

Les appels à la paix de Léon XIV

Dans l'une de ses plus virulentes critiques des conflits qui embrasent la planète, notamment au Moyen-Orient, Léon XIV avait déclaré samedi que la foi était nécessaire "pour affronter ensemble ce moment dramatique de l'Histoire". "Assez de l'idolâtrie du moi et de l'argent! Assez des démonstrations de force! Assez de guerre! La véritable force se manifeste en servant la vie", avait lancé le pape américain lors d'une veillée de prière pour la paix à la basilique Saint-Pierre de Rome.

"Chers frères et sœurs, il existe certainement des responsabilités impératives qui incombent aux dirigeants des nations. Vers eux nous nous écrions: arrêtez! Il est temps de faire la paix! Asseyez-vous à la table du dialogue et de la médiation, et non à la table où se planifie le réarmement et où se décident des actions meurtrières!", avait-il également lancé.

Quelques jours plus tôt, le 7 avril, le Pape s'était ainsi indigné de la menace "inacceptable" proférée par Donald Trump contre le peuple iranien. Le président des États-Unis avait déclaré sur le réseau social Truth Social qu’une "civilisation entière" allait "s’éteindre". Fin mars, Léon XIV avait dit devant les journalistes espérer que Donald Trump "cherche une porte de sortie" au conflit qui sévit au Moyen-Orient, alors que les États-Unis et Israël avaient lancé des opérations contre l'Iran. Le natif de Chicago avait considéré que cette guerre "ne résout rien", ne provoquant "que davantage de haine dans le monde".

Depuis son élection en mai 2025, Léon XIV, né à Chicago, a pris une position claire contre certaines décisions de l'administration Trump, tout en maintenant ouverts les canaux de communication, privilégiant une stratégie jusqu'ici discrète.  



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mardi 14 avril 2026

Jean XXIII et le “mensonge” de Gagarine

 


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Depuis 1945, tous les pontifes ont été fascinés par la conquête spatiale. Ainsi, le 12 avril 1961, Jean XXIII apprend qu'un homme a visité l’espace. Or, l’exploit de Youri Gagarine s’est avéré une affaire délicate pour le Saint-Siège.

Le 12 avril 1961, le major Youri Gagarine devient le premier homme à visiter l'espace. À bord de la capsule spatiale Vostok, qui a décollé de la base spatiale de Baïkonour au Kazakhstan, le Russe effectue une orbite complète autour de la Terre en 108 minutes, parcourant le vide spatial à plus de 27.000 km/h. En vol, il transmet à la Terre un message resté célèbre : "D'ici, la Terre est belle, sans frontières ni limites." Plus tard, on rapporte que le cosmonaute a prononcé une autre parole depuis l'espace : "Je ne vois aucun Dieu là-haut." Au retour de sa navette dans l'atmosphère, il s'éjecte et atterrit sur les bords de la Volga. Youri Gagarine ne le sait pas, mais il vient de lancer l'aventure spatiale.

Le Saint-Siège réagit à l'événement dans l'édition de L'Osservatore Romano du lendemain. La tâche est inconfortable : il s'agit de saluer une indéniable victoire communiste tout en ne cédant rien à la pensée athée de Moscou qui s'empresse de faire de Gagarine un héraut de la science matérialiste. La tâche est confiée à Raimondo Manzini, ancien député démocrate chrétien devenu directeur du journal du Pape à la demande de Jean XXIII en 1960. "Voilà qu'une nouvelle conquête scientifique ou un bond en avant dans la technologie nous fait revivre l'image supérieure de l'homme comme créature spirituelle, douée de raison et de liberté, capable, selon l'ordre divin, d'une domination toujours plus grande sur le monde extérieur : l'homme dans son chemin de perfection fait à l'image et à la ressemblance de Dieu", affirme le journaliste. Il semble s'inspirer de la première citation pour défendre une conception pacifique de la science, fruit d'une collaboration internationale "sans frontières". Insistant sur l'importance de la présence du cosmonaute à bord de Vostok 1, Raimondo Manzini met enfin en garde contre les dangers d'une mauvaise utilisation de ces progrès technologiques.

Un progrès véritable et pacifique

Une intervention qui préfigure celle de Jean XXIII le 12 août 1962 dans un radio-message qui ne cite pas le nom de Gagarine. Plus stratégiquement, le pontife a attendu pour évoquer tous les "exploits spatiaux" de son époque, ce qui permet d'inclure implicitement les Américains Alan Shepard et John Glenn qui ont gagné l'espace en mai 1961 et février 1962. Le pape italien souligne l'enthousiasme que ces aventuriers de l'espace génèrent partout dans le monde, et notamment chez les jeunes. Puis s'exclame, avec des accents qui préfigurent l'encyclique l'encyclique Pacem in terris : "Puissent ces événements historiques, tels qu'ils seront marqués dans les annales de la connaissance scientifique du cosmos, devenir l'expression d'un progrès véritable et pacifique, un fondement solide de la fraternité humaine."

Un déclaration qui n'est pas sans rappeler celle prononcée par Gagarine depuis Vostok 1 : "D'ici, la Terre est belle, sans frontières ni limites." Une phrase qui a bien été prononcée, contrairement, selon la communauté scientifique, à la seconde sur l'absence de Dieu dans l'espace. En effet, aucun enregistrement de cette déclaration n'a été retrouvé et la communauté des historiens doutent que ces paroles aient réellement existées, s'appuyant sur certains témoignages de proches de Gagarine. Il semblerait que ces mots aient en fait été tirés d'un discours que Khrouchtchev a prononcé devant les caciques du Parti quelques jours après le vol de Gagarine.


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“Faible” ? La réponse de Léon XIV à Donald Trump

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