mardi 21 juillet 2026

Celui qui introduisit saint Paul auprès des apôtres

 



SAINT PAUL BARNABE

Tableau représentant Saint Paul et saint Barnabé à Lystre.

Sans la bienveillance et l’audace de saint Barnabé, fêté ce 11 juin, saint Paul ne serait peut-être jamais devenu apôtre. Pourtant, les deux hommes se sont disputés et même séparés.

Barnabé, Juif originaire de Chypre, est un chrétien des toutes premières communautés de l’âge apostolique. Il est qualifié du nom d’apôtre, même s'il n’est pas l'un de ceux que l'on nomme "les douze". Et il ne s’appelle pas Barnabé mais Joseph, avant que les apôtres n’en décident autrement et l’envoient diriger l’Église d’Antioche. Car grande est leur estime pour ce "fils de la consolation", ainsi que le signifie son nom en hébreu. Si grande que c’est entre lui et Matthias, parmi les 72 fidèles disciples de Jésus, qu’ils hésitent pour remplacer Judas Iscariote, mort après avoir trahi Jésus.

Barnabé est témoin de la vie, de la mort et de la résurrection du Seigneur. Et à la Pentecôte, l’Esprit saint souffle sur lui comme sur toute l’assemblée présente. Comme tous les autres, il est "touché au cœur" et plus rien n’est alors comme avant. Conformément aux règles de l’Église primitive à Jérusalem, pour marquer sa fidélité et son engagement, il dépose aux pieds des apôtres l’argent de tous ses biens vendus pour qu'il soit redistribué aux indigents, avant de se joindre aux disciples pour répandre le christianisme (Ac 4, 36-37).

Barnabé le bienveillant

Et c’est là qu'entre en scène Paul, son ami d’enfance, foudroyé par une apparition du Christ sur le "chemin de Damas" après avoir été un des grands persécuteurs des chrétiens. Après Damas, il serait allé en Arabie, poussé, dit-on par son grand désir d’évangélisation, ou par celui d’une grande retraite à la suite de sa conversion. Barnabé le retrouve à Jérusalem et a l’audace d’introduire cet ancien persécuteur auprès des apôtres.

Saint Barnabé est un "homme bon, plein de foi, rempli de l’Esprit saint", disent les Écritures. Il se porte garant de la sincérité de la conversion de son ami alors que personne d’autre ne lui fait encore confiance. Il raconte aux disciples "comment, sur le chemin, Saul avait vu le Seigneur, qui lui avait parlé, et comment, à Damas, il s’était exprimé avec assurance au nom de Jésus" (Ac 9, 27). Après les avoir convaincus, et sur approbation de saint Pierre, Barnabé associe Paul à la mission de prêcher la Bonne Nouvelle aux païens - vocation qu’il a lui-même reçu du ciel à Antioche -, favorisant ainsi la vocation missionnaire de son ami.

La séparation  

Douze ans s’écoulent entre leur premier voyage à Chypre et en Asie Mineure et leur séparation après un différend suffisamment important pour que Barnabé retourne à Chypre sans Paul, et que Paul poursuive ses voyages missionnaires dans d’autres lieux que ceux visités par son compagnon. Comment Paul et Barnabé en sont-ils arrivés là ? Les Écritures rapportent qu’après le succès de leur première mission dans un grand nombre de villes et de pays, prêchant et réalisant de nombreuses conversions, ils ont voulu y retourner pour voir où en était la situation, mais ne se sont pas entendus sur la possibilité d’emmener avec eux un troisième compagnon, un certain Jean, probablement le futur auteur de l’Évangile de Marc : "Barnabé voulait emmener aussi Jean appelé Marc. Mais Paul n’était pas d’avis d’emmener cet homme, qui les avait quittés à partir de la Pamphylie et ne les avait plus accompagnés dans leur tâche. L’exaspération devint telle qu’ils se séparèrent l’un de l’autre" (Ac 15, 37-39).

Barnabé était prêt à prendre un risque important pour une personne a priori peu digne de confiance. Mais n’était-ce pas ce qu’il avait fait pour Paul, malgré ses lacunes ?  Doit-on y voir une question de tempérament ? L’un plus doux et bienveillant, l’autre plus autoritaire et sévère et présenté de plus en plus, au fil des Actes, sous les traits d’un futur leader. Dans les Actes, on parle d'ailleurs de moins en moins de "Barnabé et Paul" et de plus en plus de "Paul et Barnabé". Paul est parti avec Silas, un autre disciple, pour la Syrie et la Cilicie, tandis que Barnabé et Marc sont repartis évangéliser Chypre. Et le récit des Actes des apôtres ne se focalisera alors plus que sur Paul est ses voyages missionnaires, et plus du tout sur ceux de Barnabé.

Barnabé est mort à Chypre, sa patrie. Il a été martyrisé près de Salamine, l’actuelle Famagouste, par pendaison ou lapidation, selon les versions. Son tombeau, découvert sous l’empereur Zénon, au Ve siècle, aurait contenu un exemplaire de l'Évangile de Matthieu.


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dimanche 12 juillet 2026

L’un des premiers “convertis” de saint François d’Assise

 

Guy de Cortone

Guy de Cortone, compagnon de saint François d'Assise que l'on fête le 12 juin, était un seigneur dont l'hospitalité n'avait pas d'égale. Il est l'un des premiers à avoir succombé à l'esprit franciscain et à tout abandonner pour suivre le Christ.

L’histoire de Guy Vignotelli est d’une simplicité déconcertante qui pourtant ne manque pas de bouleverser. Né en Toscane à la fin du XIIe siècle, le jeune seigneur de condition modeste est connu pour sa générosité et son sens de l’accueil. C’est sans surprise qu’un soir d’orage, alors que le moine François d’Assise et un compagnon cherchent un abri, Guy s’empresse de les inviter chez lui. Mais le jeune seigneur ne se contente pas de les abriter sous son toit.

Il se plie en quatre pour offrir un accueil de roi aux humbles serviteurs du Christ. Il les fait asseoir puis lave et embrasse leurs pieds. Après quoi, il leur fait préparer à manger, et insiste pour les servir lui-même à table. Il supplie les moines de revenir le voir si un jour ils manquent de vêtements ou de vivres. Touché par tant de courtoisie, François le bénit et s’en va. Quelques jours plus tard, Guy aperçoit François en prière. Comme frappé par la foudre, il lui demande de le recevoir parmi les moines. Il prend la bure en 1211, donne tout ce qu’il possède, et s’installe dans une grotte près de Cortone. Il ne la quitte que pour prêcher aux populations voisines jusqu’à sa mort en 1245.

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vendredi 10 juillet 2026

Sous le Rideau de fer, Jan et Václav ont choisi la Vérité jusqu’au bout

 



Jan Bula (à gauche) et Václav Drbola (à droite) ont été béatifiés le 6 juin 2026.

Chaque année, le 17 juin, les chrétiens pourront célébrer la mémoire de deux jeunes prêtre tchèques, Jan Bula et Václav Drbola, condamnés à la peine de mort et exécutés au début des années cinquante par le régime communiste en Tchécoslovaquie, raconte dom Samuel, abbé de Nový Dvůr. Ils ont été béatifiés ce 6 juin par le cardinal canadien d’origine tchèque, Michael Czerny.

Les persécutions derrière ce qu’on appelait à l’époque le Rideau de fer sont présentes dans nos mémoires, mais comment ceux qui ont résisté, comment ceux qui ont survécu, comment ceux qui ont donné leur vie sont-ils devenus "semences de chrétiens" dans leur pays devenu la République tchèque et la Slovaquie ? Et, surtout, qu’ont-ils à nous apprendre aujourd’hui, pour que la foi chrétienne, affrontée à d’autres résistances non moins fortes, demeure demain vivante ?

Un cardinal canadien… né en Tchécoslovaquie

À l’appel de l’évêque de Brno, plus de 13000 chrétiens se sont rendus au Palais des expositions, le samedi 6 juin 2026, pour célébrer la béatification de ces deux jeunes prêtres, présidée par le cardinal canadien Michael Czerny sj. De belles trajectoires humaines et chrétiennes se sont croisées ce jour-là : Michael Czerny, né à Brno le 18 juillet 1946, a quitté la Tchécoslovaquie au début de la persécution communiste avec ses parents qui ont émigré au Canada où il a oublié sa langue maternelle, qu’il maîtrise cependant suffisamment pour prêcher et célébrer dans son pays d’origine. Il avait entre cinq et six ans quand Père Jan et Père Václav ont donné leur vie pour le Christ. Depuis la Révolution de velours, en 1989, il revient de temps en temps dans son pays natal.

Arrestations massives de prêtres

Jan (Jean) Bula, né le 24 juin 1920, est ordonné prêtre le 29 juin 1945. Václav (Wenceslas) Drbola, de huit ans son aîné, né le 16 octobre 1912, avait été ordonné prêtre le 5 juin 1938. La Deuxième Guerre mondiale fut donc les témoins des premières années de ministère du premier, et de l’éveil de la vocation sacerdotale du second, l’un et l’autre œuvrant dans deux paroisses rurales du même diocèse de Brno. En 1948, Père Václav est prêtre depuis 10 ans, Père Jan depuis trois ans… Le Parti communiste prend le pouvoir en Tchécoslovaquie. Rapidement, commencent les arrestations massives de prêtres, de religieux et de religieuses. De nombreux couvents gardent aujourd’hui le souvenir de centaines d’entre eux qui y furent incarcérés et qui furent ensuite interdit d’exercer leur ministère pendant de longues années. En 1950, dans le village de Babice où l’abbé Drbola est curé, trois fonctionnaires de l’État sont assassinés. Parmi les coupables se trouvait un camarade de classe de Jan Bula. Jan était en prison depuis trois mois, Václav depuis deux semaines. Puisqu’il connaissait ces gens, la police essaie de leur faire porter une part de la responsabilité. né d’avoir organisé l’attentat. Jan Bula tombe bientôt également dans les mailles de ce filet. Cette sombre histoire qui ne sera jamais totalement éclaircie donne lieu à une parodie de procès dont les deux prêtres seront les victimes innocentes. Le Père Václav Drbola, condamné à mort, est exécuté le 3 août 1951. Il a 38 ans. Le Père Jan Bula sera condamné un an plus tard et exécuté le 20 mai 1952. Il allait avoir 32 ans. L’un et l’autre étaient depuis longtemps sous surveillance policière à cause de leur zèle apostolique, notamment au service des jeunes. Crime, à cette époque-là !

La fidélité à la vérité et la puissance du pardon

Autour d’une telle célébration, on aurait pu craindre un accent doloriste — savoir souffrir au service du Christ… — ou une revanche politique. Rien de tout cela dans les deux halls du Palais des congrès de Brno qui abritaient de nombreuses familles avec leurs enfants, des adolescents et des jeunes. Autour du cardinal, les évêques tchèques et environ deux cents prêtres, rejoints par des confrères slovaques, autrichiens et allemands. Le chœur chrétien et l’orchestre qui portaient la prière de cette assemblée fervente comptaient 400 musiciens de tous âges. Les motifs de la béatification : la fidélité à la vérité, la force de l’amour, la puissance du pardon, donnaient le ton et l’orientation à cette assemblée chrétienne qui célébrait son avenir plus encore que son passé.

Un témoignage pour les moines et pour les jeunes

Cinq moines de l’abbaye Notre-Dame de Nový Dvůr, un postulant et un séminariste en séjour au monastère avaient tenu à faire la route qui sépare leur monastère à l’Ouest de la Tchéquie, de la ville de Brno à l’Est, où sont nés quelques-uns de leurs fondateurs. Pourquoi ? Parce que leur vie de prière et leur secrète fécondité apostolique prennent leur sève dans le témoignage de ceux qui les ont précédés, pour construire un monde d’hommes et de femmes responsables, fidèles à la vérité, forts de l’amour de Dieu et capables de pardonner. Dieu veuille que les enfants et les adolescents qui ont participé à cette fête de la foi et qui ont pu éprouver la force de l’espérance chrétienne, en gardent la mémoire pour être fidèles à leur tour, en construisant des familles chrétiennes, ou en donnant leur vie au Christ dans le sacerdoce ou la vie religieuse. Chacun à sa manière, ils répondront aux appels du Christ qui sait parler aux cœurs ouverts à la lumière, même aux époques mouvementées, comme celle de ces deux prêtres, comme la nôtre aujourd’hui.

Du bienheureux Jan Bula, il ne reste rien. Ses bourreaux n’ont pas rendu son corps à sa famille. Rien, aucune relique, sauf la chasuble de sa première messe. Rien de tangible, mais la foi qui l’a animé et dont il a témoigné jusqu’au sang, avec son confrère Václav Drbola, est vivante dans son diocèse.


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Celui qui introduisit saint Paul auprès des apôtres

  VladoubidoOo I CC BY-SA 3.0 Tableau représentant Saint Paul et saint Barnabé à Lystre. Sans la bienveillance et l’audace de saint Barnabé,...