vendredi 2 octobre 2026

À l'ONU, le Saint-Siège dénonce la «logique de la peur»





Lors d'une intervention aux Nations-Unies, la Mission permanente d’observation du Saint-Siège appelle à la mise en œuvre du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires: leurs conséquences durables nous rappellent que derrière les «doctrines, arsenaux et considérations d'intérêt stratégique», il y a des personnes dont la dignité «ne saurait jamais être subordonnée à des intérêts militaires ou politiques».

Des paroles et des actes de plus en plus agressifs alimentent une «logique de la peur», tandis que derrière les doctrines et les arsenaux, les visages de ceux qui subissent une «culture du pouvoir» sont défigurés et leur dignité sacrifiée au profit d'intérêts militaires et politiques. Cette situage exige une action rapide et efficace. C'est ce qu'a exposé Mgr Robert Murphy, observateur permanent adjoint et chargé d'affaires de la Mission du Saint-Siège auprès des Nations-Unies. Il s'est exprimé lors de deux interventions, à l'occasion d'une réunion plénière promouvant la Journée internationale contre les essais nucléaires (JIETN), et de la toute première Réunion internationale sur l'assistance aux victimes et la restauration de l'environnement qui se tenait ce 1er septembre à New-York.

Le danger d'un nouveau recours à l'énergie nucléaire

Le premier discours commémorait la Journée internationale contre les essais nucléaires, célébrée le 29 août, rappelant avec gravité leur «héritage dévastateur» qui, pourtant, ne renforce pas l'idée «que la paix ne peut être préservée en développant des armes toujours plus destructrices». Aujourd’hui, en effet, nous observons un «recours renouvelé à la dissuasion nucléaire» et une «rhétorique nucléaire de plus en plus agressive», qui remettent en question la norme internationale établie. Ce concept a été exprimé par le Pape Léon XIV dans son encyclique Magnifica Humanitas, qui identifiait l’abandon progressif de la construction d’ogives nucléaires comme «la reconnaissance de la menace que représentent les armes capables d’anéantir l’humanité entière».

Dans ce contexte, Mgr Murphy a renouvelé le soutien indéfectible et l’appel du Saint-Siège à la mise en œuvre des accords existants, comme le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires et le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICE). L'engagement de groupes de travail sur l'application de ces traités illustre comment «la science, la technologie et la coopération internationale peuvent être mises au service de la transparence, de la confiance et du bien commun». 

Contrer la «culture du pouvoir»

Ces concepts ont également été repris lors du second discours, qui évoquait à nouveau Magnifica Humanitas, dans lequel le Pape met en garde contre l’émergence d’une «culture de la puissance» où «la disponibilité des ressources et la capacité de dominer tendent à dicter l’agenda et les critères de décision». Cette culture «se développe en normalisant la guerre, en poursuivant une puissance militaire toujours plus grande, en tirant profit de la crise du multilatéralisme et en alimentant un faux réalisme qui prétend qu’il n’existe aucune alternative».



Cette logique, affirme le représentant du Saint-Siège, est particulièrement pertinente dans le domaine nucléaire, «où les arsenaux sont modernisés et agrandis, parallèlement à l'intégration croissante de technologies en constante évolution dans les systèmes d'armement». Ses conséquences nous rappellent que «derrière les doctrines, les arsenaux et les considérations d'intérêt stratégique, il y a des êtres humains dont la dignité intrinsèque, don de Dieu, ne saurait jamais être subordonnée à des intérêts militaires ou politiques». Il est donc nécessaire d'appliquer le «point de vue des victimes» préconisé par Léon XIV, en apportant

un soutien médical et psychologique aux personnes affectées par les radiations et les retombées radioactives des essais nucléaires. Une attention particulière doit être portée aux communautés qui ont subi des préjudices disproportionnés, notamment les peuples autochtones.

Prendre soin des personnes et de l'environnement

Par ailleurs, la protection des communautés affectées est indissociable de la protection de l'environnement. En effet, il a été constaté que la contamination des sols, de l'eau et des écosystèmes a des répercussions sur la santé et les moyens de subsistance des populations actuelles et représente un fardeau pour les générations futures. À cet égard, le Traité sur l'interdiction des armes nucléaires (TIAN) et le Traité d'interdiction complète des essais nucléaires (TICE) constituent des fondements essentiels pour progresser vers un monde exempt d'armes nucléaires et pour promouvoir une paix juste et durable.



«Ceux qui ont été touchés par les armes nucléaires nous demandent non seulement de remédier aux conséquences des dommages subis par le passé, mais aussi de laisser leur témoignage guider nos choix pour l’avenir», a conclu l’archevêque irlandais devant l'assemblée onusienne. «Ce faisant, nous pouvons dépasser la culture de la puissance et promouvoir une vision de la sécurité qui place la personne humaine au centre, protège la création et sert le bien commun.»



cité du vatican

mercredi 16 septembre 2026

La cathèdre du Pape prend forme entre les mains de jeunes ébénistes

 


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Crédit : ALETEIA I MR

Un élève du lycée professionnel Saint-Jean à Sannois fabrique le fauteuil du Pape pour la veillée des jeunes.


Les Apprentis d'Auteuil se sont vu confier la délicate mission de réaliser en un temps record le fauteuil en bois dans lequel siégera le Pape lors de la veillée au Stade de France. Reportage au cœur des ateliers du lycée professionnel Saint-Jean, à Sannois (Val-d’Oise).

Monsieur, la fin, je fais comment ?" En ce doux après-midi de septembre, une demi-douzaine d’élèves en ébénisterie s’active dans l’atelier du lycée professionnel Saint-Jean, à Sannois (Val-d'Oise). Ils s’appellent Jean-Marie, Alexandre, Roxane, De’hayn… Ils ont entre 16 et 20 ans, et préparent un CAP Ébéniste ou le Brevet des métiers d’art (BMA) en ébénisterie. Une agréable odeur de sciure de bois flotte dans l’air. Il faut parler fort pour couvrir le bruit des machines. Depuis la reprise des cours début septembre, ces élèves aux profils variés se sont portés volontaires pour un projet hors du commun : fabriquer une cathèdre en chêne pour le pape Léon XIV à l’occasion de la veillée des jeunes au Stade de France.

Mathieu Dafonseca, le professeur, passe d’un jeune à l’autre et prodigue ses conseils, n’hésitant pas à manier les outils, ici ponçant, là rabotant. C’est lui qui a accepté de relever ce défi un peu fou. Fin juillet, les organisateurs de la visite du Pape en France ont confié à la Fondation d’Auteuil la fabrication du siège pour la veillée des jeunes. "La responsable de la Fondation m’a demandé si on pouvait impliquer des élèves dans ce projet. J’ai immédiatement envoyé un message à l’enseignant, Mathieu Dafonseca. Il a accepté et a dessiné durant l’été deux croquis, dont l’un a été validé par le Vatican", confie Dominique Lelong André, directrice du Groupe scolaire Saint-Jean à Sannois.

Un enthousiasme palpable

"J’ai répondu oui car c’est un beau projet", explique Mathieu Dafonseca. "Et qui correspond parfaitement aux compétences que les élèves doivent acquérir pendant leur formation. Ils sont tous très motivés, très appliqués. Au début, ils étaient inquiets en raison de l’échéance à court terme – un mois ! –, mais c’est un bon stress. Maintenant, ils ont vu les plans et savent ce qu’ils ont à faire", assure l’enseignant, serein sur les délais.

L’enthousiasme est palpable également parmi les élèves. "C’est une occasion qu’on a qu’une fois dans sa vie", s’exclame Jean-Marie, 18 ans, passionné par l’ébénisterie et notamment sa dimension artistique. "Même si pour ce projet-là, on n’a pas trop le temps de réfléchir ! On fabrique". Pour Alexandre, 16 ans, qui découvre le métier en première année du brevet des métiers d’art, c’est une manière "d’apporter sa pierre à l’édifice pour l’accueil du Pape".

Roxane, 19 ans, fait elle aussi ses premiers pas dans ce domaine. "On se lance dans un énorme projet alors qu’on vient tout juste de commencer l’année !", confie-t-elle, un peu anxieuse. Un objectif qui lui procure néanmoins beaucoup de joie : "Quelle que soit la personne pour qui je travaille, le Pape ou quelqu’un d’autre, c’est pareil, cela me rend heureuse. Je le fais aussi pour ma famille qui est très croyante et qui est fière que je participe à ce projet."

Si le résultat final ne nous a pas été dévoilé – secret oblige –, nous savons néanmoins que le cahier des charges était extrêmement précis. "Le Saint-Siège voulait un fauteuil assez sobre, j’avais un cahier des charges très cadré", précise le professeur. Il n’en dira pas plus. Rendez-vous le vendredi 25 septembre au Stade de France pour admirer le fruit de leur labeur. Un bois qui ne laisse pas de marbre.



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samedi 12 septembre 2026

Bienheureuse Inès Takeya : l’accueil à tout prix

 

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Crédit : © Élisabeth Dardinier / Madame Carabosse


Fêtée dans l'Église le 10 septembre, bienheureuse Inès Takeya donne un magnifique témoignage de foi. Son histoire nous permet de redécouvrir ce qu'est le sens de l'accueil véritable.

Inès Takeya, fêtée le 10 septembre, fait partie d'un groupe de martyrs décapités à Nagasaki (Japon) en 1622. Avec son mari, le bienheureux Côme Takeya, la jeune femme se convertit au catholicisme. C'est l'époque des grands missionnaires tels que saint François Xavier et saint Charles Spinola. Mais il n'est malheureusement pas de bon ton de se réclamer de l'Évangile et les persécutions pleuvent sur les chrétiens, ce qui n'empêche pas le couple d'assumer sa foi en cachant des missionnaires. Arrêtée avec un groupe de trente compagnons, Inès a la tête tranchée.

Son histoire, magnifique témoignage, montre à quel point la foi qui l'animait l'a conduite à se surpasser et à donner au-delà de tout. En hébergeant des chrétiens alors que cela les mettait en danger, en acceptant le risque, le dérangement et peut-être même la peur, Inès et son époux ont vécu l'accueil comme une véritable mission. Un accueil au prix de leur vie. Par ce don de soi, ce couple nous montre ce qu'aimer signifie.


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jeudi 10 septembre 2026

Les personnages de l’Ancien Testament sont-ils saints ?

 

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Crédit : Shutterstock I Miguel Almeida

Façade de la cathédrale de Cité Rodrigo, avec les protagonistes de l'Ancien Testament.

Abraham, Moïse, Judith, Esther…sont des prénoms peu donnés par les catholiques. Et ne sont pas fêtés ordinairement dans la liturgie. Les personnages de l’Ancien Testament n’ont jamais été canonisés mais cela veut-il dire qu’ils ne sont pas saints ? Explications.

Qui a déjà pris le tramway à Jérusalem a peut-être entendu, en français, une mère dire à son fils : "Abraham, viens donc ici !". Un tel ordre est rare en France, où les prénoms d’origine hébraïque et biblique sont peu portés, si ce n’est dans les milieux juifs. Surtout ceux des patriarches : Moïse, Abraham, Isaac, Jacob… Celui qui porterait un prénom vétérotestamentaire aurait-il un saint patron ? Rare est en effet l’usage de l’adjectif "saint" avant la mention des patriarches hébreux.

Dans la liturgie, les prophètes et patriarches ne sont ordinairement pas fêtés, puisqu’ils n’apparaissent pas dans le calendrier général, lequel répertorie les saints honorés dans l’Église entière. En revanche, ils sont bien présents dans le Martyrologium romanum (le martyrologe en français, ndlr). Ce livre officiel, dont la dernière version date de 2004, mentionne pour chaque date les saints vénérés par l’Église. Ou, plutôt, ceux qui peuvent l’être, dont beaucoup ne sont en fait célébrés que localement. 

Les justes de l’Ancien Testament

On trouve ainsi Moïse au 4 septembre, Abraham au 9 octobre, Jérémie au 1er mai, ou d’autres prophètes qui font le lien entre les deux testaments, Siméon et Anne, proposés pour le 3 février. Chacun est accompagné d’une notice, par exemple, pour ces derniers :

À Jérusalem, commémoration de Siméon et Anne qui, l’un âgé, juste et pieux et l’autre veuve et prophétesse, reconnurent lorsqu’il était présenté au Temple selon les prescriptions de la loi, le Messie et Sauveur, espérance bienheureuse et salut d’Israël.

Ayant vécu avant Jésus et, plus encore, bien avant l’institutionnalisation de la canonisation des personnes mortes et réputés saintes, les justes de l’Ancien Testament n’ont jamais été officiellement déclarés "saints" par l’Église. Comme, d’ailleurs, bien d’autres. À commencer par les archanges Michel, Gabriel et Raphaël, fêtés tous les 29 septembre dans toutes les églises. Cependant, et la tradition iconographique orientale le montre bien, ils ont toujours été considérés comme les précurseurs du Salut accompli par le Christ et, à ce titre, honorés. 

Si l’habitude de dire "saint Moïse", "sainte Esther" ou "saint David" s’est perdue quand il s’agit de lire la Bible, elle est tout à fait possible, tout comme leur mention dans la litanie des saints, le plus souvent en terminant par Joseph, mari de la Mère de Dieu. Deux grands saints qui n’ont pas non plus fait l’objet d’un procès au Dicastère pour la cause des saints ! Enfin, toute communauté peut décider de dire la liturgie en honorant les patriarches et les prophètes même s’ils ne sont pas dans le calendrier général…sauf dans le Patriarcat latin de Jérusalem où beaucoup d’entre eux sont célébrés. Et, peut-être, dans la bretonne cité de Saint-Abraham, dans le Morbihan, où le "père des croyants" mériterait d’être solennellement fêté.


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samedi 5 septembre 2026

ces papes qui ont résidé en France

 



Giovanni di Paolo, Sainte Catherine de Sienne devant le pape Grégoire XI à Avignon, Madrid, Musée Thyssen-Bornemisza.

Crédit : Musée Thyssen-Bornemisza

Giovanni di Paolo, Sainte Catherine de Sienne devant le pape Grégoire XI à Avignon, Madrid, Musée Thyssen-Bornemisza.


Après François, Benoît XVI et Jean Paul II, Léon XIV va rejoindre la liste des papes qui ont résidé en France… et pas toujours de leur gré. Entre les papes d’Avignon et les papes persécutés par la Révolution, qui sont-ils ces pontifes qui contribuèrent à dessiner l’extrême complexité des rapports de notre pays avec la papauté ?


Ce n’est point Rome qui fait l’empereur ou le Pape. Le droit romain posait comme principe que "Rome est là où est l’empereur". Les canonistes de l’Église reprirent cette affirmation pour l’appliquer aux successeurs de Pierre. Le cardinal Henri de Suse, grand réformateur du droit canon, écrira au XIIIe siècle que Ubi est papa, ibi est Roma ("Où est le Pape, là est Rome"), ajoutant que "ce n’est pas le lieu qui sanctifie l’homme, c’est l’homme qui sanctifie le lieu". Cet adage nous renvoie, non pas à des visites pontificales ponctuelles dans notre pays — visites très courantes durant tous les siècles du Moyen Âge — mais aux périodes où les souverains pontifes résidèrent sur notre sol, de gré ou même de force. S’en souvenir à la veille du voyage apostolique de Léon XIV permet de rafraîchir notre mémoire et de réfléchir sur l’extrême complexité et l’étonnante richesse des rapports de la France avec la papauté, relations à nulles autres pareilles dans aucun pays.

Le bienheureux Urbain V

Si, pendant presque un siècle, la papauté s’installa au bord du Rhône, près du premier pont reliant la France à la Provence, le pont Saint-Bénézet — sur lequel ou sous lequel personne ne dansait généralement — le rocher des Doms d’Avignon devint ainsi le roc provisoire au sommet duquel Pierre dressa sa tente, cet immense palais-forteresse encore existant, le plus vaste de l’époque médiévale. Parmi les sept papes légitimes, tous de langue d’Oc, qui se succédèrent — en laissant de côté les papes du Grand Schisme qui suivront — se dressa un saint, le bienheureux Urbain V, fils noble de Lozère, esprit précoce et doué, moine bénédictin, élu par un conclave divisé alors qu’il était abbé de Saint-Victor de Marseille, donc ni évêque, ni cardinal. Il inaugura l’humanisme de la Renaissance par ses réformes, son amour des arts, tout en demeurant dans la simplicité, la contemplation de la création. Il voulut un "jardinet" pour manger ses propres légumes, et ainsi naquit le jardin désormais public qui jouxte encore le palais. 


De même, bien qu’exilé de Rome, il y fut l’initiateur, lors de son bref essai de retour dans la ville éternelle, des jardins du Vatican. Il fonda une myriade de studium, de facultés, d’universités sur la terre de France et en Europe, dont la faculté de médecine de Montpellier, l’université de Cracovie, réformant celles de Padoue et de Paris. Conciliateur entre l’empereur, les rois et les princes, il sut défendre l’indépendance de l’Église en ne cédant à aucune pression, aucune menace, y compris lorsque les troupes de Duguesclin furent prêtes à envahir Avignon et le Comtat Venaissin. 

"Retournez à Rome !"

Sa tentative de restauration de la papauté à Rome préparera le retour définitif de son successeur, Grégoire XI, ce dernier par ailleurs fortement ébranlé par les arguments d’autorité de sainte Catherine de Sienne n’hésitant pas à remettre le Pape face à ses responsabilités. Écoutons-la, invitant en fait le souverain pontife à fortifier son peuple par son exemple. Cette adresse est valable à travers tous les âges, malgré des conditions historiques diverses :

"Si jusqu'à présent vous n'avez pas été bien ferme, je vous demande et je vous conjure, pour le temps qui vous reste, d'agir en homme courageux, et de suivre le Christ, dont vous êtes le Vicaire. Ne craignez rien, Ô Père, des vents furieux qui se sont élevés, et de ces enfants dénaturés qui se sont révoltés contre nous. Ne craignez rien, parce que le secours de Dieu est prêt. Veillez aux choses spirituelles, mettez de bons pasteurs et de bons gouverneurs dans nos villes ; car ce sont les mauvais pasteurs et les mauvais gouverneurs qui ont fait naître la révolte. Appliquez vite le remède ; confiez-vous dans le Christ Jésus, et ne craignez rien. Avancez donc, et accomplissez avec un saint zèle les bonnes résolutions que vous avez prises ; retournez à Rome, et entreprenez une glorieuse croisade. Ne tardez pas davantage ; vos lenteurs ont fait naître beaucoup d'embarras ; le démon a travaillé et travaille encore pour empêcher ce qui doit se faire, parce qu'il y trouve sa ruine. 

Courage, Saint Père, plus de négligence ; levez l'étendard de la sainte Croix ; c'est l'odeur de la Croix qui vous donnera la paix. Je vous supplie d'inviter les rebelles à une sainte paix, pour que toute la guerre se tourne contre les infidèles. J'espère que l'infinie bonté de Dieu vous enverra un prompt secours... Courage donc, courage venez, oui, venez consoler les pauvres serviteurs de Dieu, vos enfants. Nous vous attendons avec un ardent et tendre désir. Pardonnez-moi, mon Père, tout ce que je vous ai dit. Vous le savez, c'est de l'abondance du cœur que parle la langue. J'en suis sûre, vous serez l'arbre que je désire voir, et rien ne vous arrêtera."

Pie VI et Pie VII, les persécutés

Et puis, il fut un temps, d’une cruauté insigne, où la France, fille aînée de l’Église, persécuta deux papes. Ce fut tout d’abord Pie VI, prisonnier de Bonaparte, martyr de la Révolution ; et ensuite Pie VII, otage imperturbable de Napoléon Ier qu’il considéra toujours comme "un fils un peu têtu, mais un fils quand même". Pie VI, Il Papa bello, est regardé comme un pape martyr car, après avoir fermement condamné la Constitution civile du clergé, il subit l’invasion révolutionnaire des États pontificaux et la captivité, traîné malade à travers l’Italie et les Alpes pour mourir prisonnier dans la citadelle de Valence en France. Il fut enterré civilement car le seul service religieux possible aurait été celui célébré par l’évêque constitutionnel de Valence. Il repose aujourd’hui à Rome mais son cœur et ses entrailles demeurent dans la cathédrale de Valence, tant la population l’avait accueilli avec respect et piété. 

Quant à Pie VII, moine bénédictin prenant les rênes après Pie VI, alors que les révolutionnaires français pensaient avoir anéanti à jamais la papauté, couronné modestement et discrètement d’une tiare en carton à Venise, il se révéla comme un habile diplomate et un homme de Dieu alors que l’empereur Napoléon avait décrété que son fils était "roi de Rome" tout en rétablissant provisoirement les États pontificaux. Enfermé pendant presque deux ans au château de Fontainebleau, il avait auparavant accepté d’assister au sacre de Napoléon, tout en refusant de le couronner. Arrêté au palais du Quirinal par le général Radet très mal à l’aise et respectueux, Pie VII répondit à l’invitation renouvelée de se joindre à l’alliance contre l’Angleterre : Non possumus, non debemus, non volumus ("Nous ne pouvons pas, Nous ne devons pas, Nous ne voulons pas")." Le projet de Napoléon était alors d’installer définitivement les papes dans le palais de l’archevêché de Paris (détruit lors de la révolution de 1830). Lorsque Pie VII put retourner à Rome en 1814, il fut le dernier pape à fouler le sol de France avant Jean-Paul II en 1980.

Un pays qui n’a jamais cessé d’aimer la papauté

Léon XIV ne viendra pas dans notre pays contraint et forcé, obligé à l’exil ou retenu prisonnier. Il visitera un pays qui n’a jamais cessé d’aimer la papauté, malgré les époques de méfiance, de haine, de persécution, car le peuple n’est point à confondre avec ses dirigeants de tout poil. Là où est le Pape, nous respirons l’air de cette Rome unique, immortelle en dépit des invasions et des agressions, la Rome des Apôtres et des martyrs, des docteurs et des saints, la Rome qui chérit ses enfants pour les nourrir de charité et de vérité, au-delà de toutes les imperfections humaines de ceux qui servent Dieu.


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mercredi 2 septembre 2026

La “religieuse la plus rapide de l’Ouest”

 


SISTER Blandina Segale


Plutôt que la légende Billy the Kid, connaissez-vous la vraie sœur Blandina Segale ? Le Vatican vient de reconnaître les vertus de sa vie héroïque et pourrait bien la déclarer rapidement comme nouvelle sainte américaine et un exemple à suivre. Sa vie donnée aux autres est en effet inspirante et édifiante pour tous les "kids" américains.

Encore une Américaine dans la lumière cette année ! Sœur Blandina Segale, une immigrée d'origine italienne, est notamment célèbre pour ses rencontres avec Billy the Kid et les foules en colère dans le Far West. Mais elle pourrait être bientôt mieux reconnue par l’Église universelle puisqu’un comité de théologiens du Vatican vient d'examiner sa vie pour déterminer si elle avait mené une existence marquée par des "vertus héroïques".

Et la décision est tombée à l’unanimité le 28 mai dernier : sœur Blandina Segale a bien mené une vie marquée par des vertus héroïques. À la suite de cette reconnaissance, les promoteurs de sa cause, qui se mobilisent depuis plusieurs mois, espèrent désormais une nouvelle étape décisive. Ils attendent en effet que, d’ici la fin de l’été, elle soit officiellement proclamée "vénérable" par l’Église, ouvrant ainsi la voie à une éventuelle béatification.

La religieuse la plus rapide de l'Ouest

Sœur Blandina Segale est née le 23 janvier 1850 à Cicagna, en Italie, et sa famille a émigré à Cincinnati, dans l'Ohio, quatre ans plus tard. Elle entre chez les Sœurs de la Charité de Cincinnati en 1866 et est envoyée dans l'Ouest en 1872. Son ministère principal consiste alors à enseigner aux pauvres, mais aussi à défendre les femmes, les enfants et les Amérindiens. Sur le site web qui est consacré à sa cause en canonisation, on peut y lire qu’elle "eut même de nombreuses rencontres avec le célèbre "Billy the Kid" et sa bande de hors-la-loi"!

"Elle dissuadait des foules d’hommes armés de se faire justice eux-mêmes et aidait les criminels à demander pardon à leurs victimes, allant jusqu’à sauver un homme de la pendaison en facilitant la réconciliation entre lui et l’homme qu’il avait abattu avant de mourir”, raconte encore le site. L'une des caractéristiques marquantes de la vie de sœur Blandina est sa confiance audacieuse en la providence divine : elle remettait tous ses besoins entre les mains de Dieu, lui permettant de pourvoir à tous ses besoins. Sœur Blandina Segale meurt à l'âge de 91 ans, le 23 février 1941 à Cincinnati, dans l'Ohio, et laisse derrière elle un magnifique héritage de l'engagement de toute une vie au service des plus pauvres. Gageons que sa future canonisation mette en lumière la beauté d’une longue vie donnée aux autres et à la recherche de la paix, plus lumineuse et édifiante qu’une légende violente telle que Billy the Kid.


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À l'ONU, le Saint-Siège dénonce la «logique de la peur»

Lors d'une intervention aux Nations-Unies, la Mission permanente d’observation du Saint-Siège appelle à la mise en œuvre du Traité d’int...