jeudi 18 juin 2026

Léon XIV célèbre les obsèques du cardinal Ruini à Saint-Pierre

 



À l’autel de la chaire de la basilique Saint-Pierre, Léon XIV a présidé ce jeudi après-midi la messe des funérailles du cardinal Camillo Ruini, président émérite de la conférence épiscopale italienne, décédé le 16 juin à l’âge de 95 ans. Dans son homélie, le Souverain pontife a rappelé la devise de son épiscopat, «La vérité nous rendra libres», et salué la présence active du défunt cardinal dans la société italienne.

Un «pasteur sage et attentionné», capable de servir l’Église «tant dans les fonctions les plus humbles que dans celles qui comportent les plus grandes responsabilités». Un guide pour le Peuple de Dieu et pour ses frères dans l’épiscopat italien, capable de donner une orientation «dans les moments importants et délicats, en relevant avec enthousiasme, discernement et courage de multiples défis». Tels sont les mots avec lesquels Léon XIV a décrit dans son homélie le cardinal Camillo Ruini, décédé mardi 16 juin à l’âge de 95 ans. Cet après-midi du 18 juin, le Pape a présidé à l’autel de la Chaire de la basilique Saint-Pierre les funérailles de celui qui avait été vicaire général de Jean-Paul II pour le diocèse de Rome, et archiprêtre de la basilique Saint-Jean-de-Latran de 1991 à 2008. Il avait également été président de la Conférence épiscopale italienne de 1991 à 2007. Léon XIV a évoqué avec gratitude les projets, les intuitions et les initiatives menés par le cardinal au cours de ses longues années au service de l’Église.  

 «Pensons au "Projet culturel"; à l’engagement déployé pour promouvoir la contribution du monde catholique dans les domaines les plus divers de la vie religieuse, civile et politique italienne; au travail considérable accompli par le Synode diocésain et à sa mise en œuvre, ici à Rome; à sa présence active et ouverte au dialogue aux différents niveaux de la vie de l’Église, ainsi que dans le monde laïc et la société» a souligné le Pape.

Une fidélité sans faille au Christ

S'appuyant sur les lectures proposées par la liturgie du jour, le Souverain pontife a souligné les qualités et les attitudes de fidélité au Christ et à l’Église dont le cardinal Ruini a été un heureux exemple. L’Épître aux Romains de saint Paul l’Apôtre rappelle que rien ne peut nous séparer de l’amour de Dieu: une vérité qui a également «animé» le cardinal. Les «multiples vicissitudes» au cours desquelles l’ancien président de la Conférence épiscopale italienne a su «accompagner les fidèles» et les communautés qui lui ont été confiées tout au long de son «long service» témoignent d’une «réponse de foi» ferme et empressée du cardinal au don de la «charité invincible du Seigneur». Une fidélité nourrie par une relation constante et quotidienne avec Dieu.

D’ailleurs, il a lui-même témoigné que l’une des ressources qui l’ont le plus accompagné tout au long de sa longue existence, dès son enfance, a été la prière: simple, fervente, fraîche dans ses plus tendres années, puis mûrie au fil du temps, jusqu’à la période de fragilité et de maladie.

Une vie consacrée à ses frères et aux communautés qui lui ont été confiées

Dans la lecture de l’Évangile du jour, tiré de l’évangéliste Jean, le Souverain pontife a retrouvé le fil conducteur de l’existence du cardinal Ruini, entièrement consacrée au service et à l’interprétation de la volonté du Seigneur. «On y trouve résumés le programme, l’orientation et le but ultime d’une vie consacrée au bien de ses frères et vécue dans la recherche constante des desseins de Dieu pour son salut et le leur» a assuré le Saint-Père. Des dispositions personnelles que l’évêque de Rome invite les fidèles à suivre et à imiter.

Vers la vérité et le bien


Toutes les qualités personnelles exemplaires du cardinal, a poursuivi Léon XIV, trouvent leur sublimation dans la devise qu’il a choisie pour son épiscopa: «La vérité vous rendra libres». Une sagesse biblique qu’il est particulièrement instructif de rappeler à notre époque, marquée par la désorientation et l’instabilité, a souligné le Saint-Père. «Nous sommes faits pour la vérité et pour le bien, et ce n’est qu’en cela que nous trouvons l’unité, la paix et l’épanouissement total, dans la vie terrestre et pour l’éternité. Ces mots nous rappellent clairement un message particulièrement significatif pour notre époque, où l’on peut être désorienté par des dérives relativistes et par des visions totalement fluides de la réalité et de l’homme».

À la fin de l’homélie, le Souverain pontife a prié pour que Dieu accorde au défunt «la récompense de sa paix qui n’a pas de fin» et remercié les personnes qui, avec une «dévotion fervente», «ont accompagné, aidé et soutenu le cardinal» au cours des années de ses fonctions ecclésiales, ainsi que pendant celles de sa vieillesse et de sa maladie. Au cours de la messe, animée par la Schola Cantorum de Saint-Pierre, l’assemblée a prié pour le cardinal Ruini puisse «être uni à Celui qu’il a aimé et qu’il a suivi dans son service à l’Église», et pour que le diocèse de Rome, qu'il a servi pendant de nombreuses années, puisse «préserver sa mémoire». 


Cité du Vatican

mardi 16 juin 2026


pope-leo-xiv-smiles-meeting-bishops-spain-episcopal-conference-madrid

Alors que le voyage du pape en Espagne a suscité un immense engouement populaire, la visite de Léon XIV au siège de l’épiscopat espagnol, le lundi 8 juin, a donné lieu à un épisode cocasse. En déjeunant avec les évêques, le pape Léon XIV a confié avoir fait un test pour voir ce que l’intelligence artificielle pourrait lui suggérer de dire pour son discours. Le résultat s’est avéré très… approximatif !

Deux semaines jour  pour jour après la publication de son encyclique Magnifica humanitas pointant les opportunités mais aussi les risques de l’intelligence artificielle, Léon XIV a profité de son voyage à Madrid pour en délivrer une illustration savoureuse. La séquence n’a pas été enregistrée et ne faisait pas partie du discours officiel du Pape, mais elle a été racontée par Yago de la Cierva, un universitaire espagnol membre du comité d’organisation de la visite papale, qui a participé au déjeuner du pontife avec l’épiscopat espagnol. 

Le pape Léon XIV, rieur et détendu comme souvent depuis le début de cette tournée historique en Espagne, a raconté qu’avant de partir en voyage, par curiosité, il avait consulté l’intelligence artificielle (IA) en lui demandant : "Que devrait dire le pape aux évêques espagnols ?" L’intelligence artificielle lui a répondu : "Le pape François dirait…" Alors il l’a interrompue et lui a dit : “Ah, mais, je crois qu’il y a un autre pape maintenant.” L’intelligence artificielle a alors répondu : "Ah, c’est vrai, pardon, c’est désormais le pape Léon."

Nous, nous avons un autre algorithme. Et cet autre algorithme nous conduit à aimer les gens, à accompagner les personnes, à nous faire serviteurs de la Parole.

Les limites de Chat GPT sur le suivi de l’actualité des papes ont souvent été remarquées par les utilisateurs, mais Léon XIV lui-même a pu constater que les IA avaient du mal à l’intégrer dans leur système. Sans s’en offusquer personnellement, Léon XIV, le vrai pape régnant et vivant, en a donc tiré cette conclusion édifiante, en disant aux évêques : "Nous, nous avons un autre algorithme. Et cet autre algorithme nous conduit à aimer les gens, à accompagner les personnes, à nous faire serviteurs de la Parole." 

Ces propos, tenus avec un mélange de légèreté et de profondeur, ont rejoint les thèmes de son encyclique et de nombre de ses interventions. Samedi soir, devant 600.000 jeunes rassemblés sur la place de Lima, au centre de Madrid, le pape les a exhortés à se faire disciples du Christ dans la sphère numérique comme dans les relations réelles. "En vous voyant, chers jeunes, pleins de cet enthousiasme motivé par la foi, je me réjouis de penser à votre capacité à témoigner du Christ dans le monde, y compris dans la réalité numérique, pour communiquer les valeurs et la beauté de l’Évangile", a expliqué Léon XIV.

Le besoin vital de sens et de relations humaines

Rencontré quelques heures après cette rencontre, Esteban, un jeune Espagnol qui étudie justement l’IA, avouait qu’il n’avait pas encore pris connaissance de l'encyclique, mais que les réflexions de Léon XIV lui ont donné envie de le lire. "Les mots du pape rejoignent ma philosophie de la vie. Je crois que l’intelligence artificielle est un outil formidable dans notre vie professionnelle et nous devons apprendre à bien l’utiliser, mais cela ne doit surtout pas remplacer l’amitié et les relations humaines", estimait le jeune homme.

Pour le Pape, entretenir un rapport sain avec l’IA est le principal enjeu de civilisation de ce temps, car le développement technologique doit s’accompagner des perspectives de sens. "Notre société possède une capacité extraordinaire à produire, innover et communiquer", a-t-il remarqué dimanche soir lors de sa rencontre avec le monde culturel, sportif et économique à la “Movistar Arena”, à Madrid. 

"Cependant, il semble que nous ayons encore besoin d’apprendre à préserver l’essence de ce qu’elle crée. Autrement, nous risquons de devenir des experts en médias et efficaces dans la production, mais incertains quant au ‘pour quelle raison, pour quoi, avec qui, et pour qui produit-on’", a-t-il pointé. Une façon de poser de nouveaux jalons dans un pontificat qui n’est pas orienté vers le refus de la technologie, mais tourné vers le souci de réconcilier la science et la conscience pour éviter la ruine de l'âme.

aleteia

vendredi 12 juin 2026

INNOCENT IX



                                                  
  • Le pape Innocent IX (latin : Innocentius IX ; italien : Innocenzo IX ; 20 juillet 1519 – 30 décembre 1591), né Giovanni Antonio Facchinetti, fut chef de l’Église catholique et souverain des États pontificaux du 29 octobre au 30 décembre 1591.

    Avant sa courte papauté, il avait été canoniste, diplomate et administrateur en chef sous le règne du pape Grégoire XIV (r. 1590–1591).

    Il entra au service de l’influent cardinal Alessandro Farnese. En tant que légat pontifical à Venise, il contribua à négocier la formation de la Sainte Ligue, une alliance des puissances maritimes espagnoles et italiennes pour contester le contrôle de l’Empire ottoman sur la Méditerranée orientale, qui aboutit à la victoire à la bataille de Lépante.

    Biographie

    Jeunesse

    Giovanni Antonio Facchinetti est né à Bologne le 22 juillet 1519[1] de Antonio Della Noce de Cravegna et Francesca Cini de Croveo. [2]

    Son père descendait de la noble famille Della Noce d’Ossola, mais il n’était pas lui-même riche. [2] Lorsqu’elle s’installa à Bologne pour travailler comme domestique, Della Noce reçut le soprannome (un surnom servant de nom de famille officieux) Facchinetti, signifiant « portier ». [3][4][5] Giovanni Antonio Facchinetti ne se faisait pas appeler Della Noce et prit plutôt le modeste soprannome de son père.[5] Il maintint néanmoins des liens étroits avec Ossola tout au long de sa vie et utilisa les armoiries de son noble héritage. [2]

    Certaines sources affirment que Facchinetti venait d’une famille véronaise. [6] Cela semble découler d’une erreur commise par un historien en 1906, qui confondit Novare (en Piémont) avec Nogara (à Vérone) lors de l’interprétation des archives ecclésiastiques. [2]

    Éducation

    Facchinetti étudia à l’université de Bologne – qui était la plus éminente en jurisprudence – où il obtint un doctorat en droit civil et canonique en 1544. Il fut ensuite ordonné prêtre le 11 mars 1544 et nommé chanoine de l’église des Saints Gervasio et Protasio de Domodossola en 1547. [7]

    Giovanni se rendit à Rome et devint secrétaire du cardinal Niccolò Ardinghelli. [8] Il entra au service du cardinal Alessandro Farnese, archevêque d’Avignon, qui envoya Facchinetti à Avignon comme son représentant ecclésiastique et le rappela ensuite à la gestion de ses affaires à Parme. [9] Il fut également nommé référendaire de la Signature apostolique en 1559 et occupa ce poste pendant un an.

    Épiscopat et

     

    En 1560, Facchinetti fut nommé évêque de Nicastro,[7] en Calabre, et en 1562 il fut présent au concile de Trente. Il fut le premier évêque à résider réellement dans le diocèse en trois décennies. Le pape Pie V (1566–1572) l’envoya comme nonce pontifical à Venise en 1566[7] pour renforcer l’alliance papale avec l’Espagne et Venise contre les Turcs, ce qui aboutit finalement à la victoire de Lepant en 1571. Il fut rappelé de Venise en 1572 et nommé prieur commendataire de Sant’Andrea di Carmignano dans le diocèse de Padoue de 1576 à 1587. [10]

    Ayant quitté son siège pour poursuivre sa carrière à Rome en 1575 et également pour des raisons de santé, il fut nommé patriarche latin titulaire de Jérusalem en 1572. [8] Il occupa ce poste jusqu’à ce qu’il soit fait cardinal. Le pape Grégoire XIII le fit cardinal le 12 décembre 1583 en tant que cardinal-prêtre de Santi Quattro Coronati, et il reçut le chapeau rouge et le titre le 9 janvier 1584. Le pape Grégoire XIV le nomma préfet de la Signature apostolique en 1591.

    Papauté


    Avant même la mort du pape Grégoire XIV, des factions espagnoles et anti-espagnoles faisaient campagne électorale pour le pape suivant. L’ingérence autoritaire de Philippe II d’Espagne (r. 1556–1598) lors du conclave précédent ne fut pas oubliée : il avait exclu tous les cardinaux sauf sept. Cette fois, le parti espagnol au Collège des cardinaux n’est pas allé aussi loin, mais il contrôlait néanmoins la majorité, et après un bref conclave, ils élevèrent Facchinetti à la chaise papale sous le nom de pape Innocent IX. Il a fallu trois scrutins pour l’élire pape. Facchinetti reçut 24 voix le 28 octobre mais ne fut pas élue. Il a reçu 28 voix le 29 octobre

    lors du second tour, tandis qu’au troisième il a remporté l’emportation. [11] Facchinetti prit son nom papal en l’honneur du pape Innocent III.

    Le cardinal protodiacre Andreas von Austria couronna Innocent IX pontife le 3 novembre 1591. Il éleva deux cardinaux au cardinalat lors du seul consistoire pontifical de sa papauté le 18 décembre 1591.

    Conscient de l’origine de son succès, Innocent IX soutint durant ses deux mois de pontificat la cause de Philippe II et la Ligue catholique contre Henri IV de France (r. 1589–1610) lors des guerres de religion françaises (1562–1598), où une armée papale était sur le terrain. [12]

    Son petit-neveu Giovanni Antonio, le cardinal Facchinetti de Nuce Jr., fut l’un des deux cardinaux nommés durant les semaines du pontificat d’Innocent IX. Un membre ultérieur du cardinalat fut son arrière-petit-neveu Cesare Facchinetti (fait cardinal en 1643).

    Mort


    Le 18 décembre, malgré sa maladie, le pape fit un pèlerinage dans les sept églises de pèlerinage de Rome et attrapa un froid en conséquence. Cela devint une forte toux combinée à une fièvre qui conduisit à sa mort peu après avoir reçu l’Extrême-Onction. [11]

    Innocent IX mourut tôt le matin du 30 décembre 1591. Il fut enterré dans les grottes du Vatican, dans une tombe simple.

    Voir

     

    Références


    1.  Germe-Tizon 2002, p. 800.
    2.  Pizzorusso, Giovanni (2004). « INNOCENZO IX, papa - Dizionario Biografico degli Italiani ». Treccani (en italien). Consulté le 30/12/2025.
    3.  Bureau, Archives publiques de Grande-Bretagne (1964). Liste et analyse des papiers d’État, série étrangère : juin 1591 - avril 1592. Bureau de Papeterie de Sa Majesté. pp. 440–441. ISBN 978-0-11-440083-5.
    4.  Wallman, Sandra (1977-10-06). Perceptions du développement. Archives CUP. pp. 23–25. ISBN 978-0-521-21498-8.
    5.  Casalis, Goffredo (1839). Dizionario geografico storicostatisticocommerciale degli Stati di S. M. il Re di Sardegna [Dictionnaire historique, statistique, commercial et géographique des États de Sa Majesté le Roi de Sardaigne compilé] (1re éd.). Torino : C. Maspero.
    6.  Mola di Nomaglio, Gustavo (2008). Bibliografia delle famiglie subalpine [Bibliographie des familles subalpines]. Centro Studi Piemontesi. pp. 2929–2930 – via Internet Archive.
    7.  Martin 1993, p. 183.
    8.  Weber 1910.
    9.  Grendler 1971, p. 449.
    10.  McBrien 2000, p. 295.
    11.  Adams, John Paul (24 juillet 2015). « Sede vacante 1591 ». Consulté le 21 janvier 2019.
    12.  McBrien 2000, p. 296.

    Sources

    • Germe-Tizon, Anne-Cécile (2002). « Innocent IX ». Dans Levillain, Philippe ; O’Malley, John W. (dirs.). La papauté. Vol. 2 : Gaius-Proxies. Routledge. p. 800.
    • Grendler, Paul F. (1971). « Le concept d’humaniste au Cinquecento en Italie ». Dans Molho, Anthony ; Tedeschi, John A. (dirs.). Renaissance : Études en l’honneur de Hans Baron. Presses de l’Université du Nord de l’Illinois.
    • Martin, John (1993). Les ennemis cachés de Venise : hérétiques italiens dans une ville de la Renaissance. University of California Press.
    • McBrien, Richard P. (2000). Vies des Papes. HarperCollins.
    • Weber, Nicholas (1910). « Pape Innocent IX ». L’Encyclopédie catholique. Vol. 8. Compagnie Robert Appleton.

     Cet article incorpore du texte provenant d’une publication désormais dans le domaine public : Herbermann, Charles, éd. (1913). « Pape Innocent IX ». Encyclopédie catholique. New York : Robert Appleton Company.

     



    SOURCES WIKIPEDIA, 
Élection du Pape Innocent IX en 1591 : Contexte et Impact

Léon XIV célèbre les obsèques du cardinal Ruini à Saint-Pierre

  À l’autel de la chaire de la basilique Saint-Pierre, Léon XIV a présidé ce jeudi après-midi la messe des funérailles du cardinal Camillo R...