dimanche 17 mai 2026

Dans une lettre à Tawadros II, Léon XIV exhorte les chrétiens à être témoins d'unité

 





Un entretien téléphonique a eu lieu entre Léon XIV et le patriarche du siège de Saint-Marc de l’Église copte, à l’occasion de la Journée de l’amitié copte-catholique, instituée en 2013 pour célébrer les relations entre le Siège de Pierre et le Siège de Marc. Au cours de cet échange, «la conscience de la responsabilité commune pour l’annonce de l’Évangile a été évoquée». Dans une lettre, le Pape encourage Coptes et catholiques à poursuivre leur cheminement dans la vérité et la charité.

La «pleine unité» entre chrétiens n’est pas seulement un objectif lointain, mais une urgence dictée avant tout par les conflits qui affligent le monde, déchirant tout particulièrement le Moyen-Orient. Léon XIV réaffirme la nécessité d’un engagement œcuménique plus incisif en cette époque de guerres et de divisions, lors de la conversation téléphonique et dans la lettre adressée à Tawadros II, le pape copte orthodoxe d’Alexandrie et patriarche du siège de Saint-Marc, à l’occasion de la Journée de l’amitié entre coptes et catholiques.

C'est précisément «le désir de revitaliser la célébration» de cette fête, l'une des plus importantes du dialogue œcuménique, qui a été au centre de l'entretien qui s'est déroulé – selon un communiqué de la Salle de presse du Saint-Siège –, «dans une atmosphère cordiale et fraternelle». Au cours de cet échange, il a été réaffirmé la volonté de «surmonter tout obstacle éventuel au dialogue de la foi et de la charité». Il a également été question de revenir sur «la conscience de la responsabilité commune pour l’annonce de l’Évangile et la promotion de la paix et de la réconciliation, en particulier au Moyen-Orient si éprouvé».

La «noble tradition» lancée par le Pape François


La même demande est réitérée par le Pape Léon XIV dans la lettre adressée à Tawadros II à l’occasion de cette Journée. L’idée, née du patriarche lui-même, a été reprise et relancée par le Pape François le 13 mai 2013, deux mois après son élection, pour commémorer le quarantième anniversaire de la rencontre historique entre Paul VI et Shenouda III (1973), qui avait abouti à la signature d’une déclaration christologique commune. Tawadros II et François se sont revus dix ans plus tard, en mai 2023, d’abord sur la place Saint-Pierre, ensemble sur l’estrade de l’audience générale pour bénir la foule, puis, le lendemain, au Palais apostolique pour réaffirmer l’espérance de la communion eucharistique, et commémorer les 21 chrétiens coptes décapités par l’État islamique en 2015 sur une plage de Libye. Ils sont inscrits depuis ce jour dans le Martyrologe romain comme «signe de la communion spirituelle» entre le Siège de Pierre et le Siège de Marc.

Léon XIV perpétue ainsi cette «noble tradition» initiée par son «bien-aimé prédécesseur» François, de célébrer une Journée de l’amitié copte-catholique, et demande que cette commémoration donne un nouvel élan au cheminement commun, marqué par d’anciennes séparations et «incompréhensions» et de nouvelles réconciliations.

“À une époque où notre monde est en proie à tant de conflits, notamment au Moyen-Orient, les chrétiens doivent, plus que jamais, s’engager en faveur d’une pleine unité, afin que nous puissions témoigner ensemble du Prince de la Paix. En cela, nous pouvons compter sur la puissante intercession et l’exemple des innombrables martyrs qui ont souffert pour le nom du Christ.”

Témoigner de la bonté de Dieu à l’humanité


Le Pape Léon XIV avait déjà évoqué cette «Journée» lors de la dernière prière du Regina Caeli, le dimanche 10 mai, en adressant un «salut fraternel» au patriarche Tawadros II, qui avait célébré la veille l’Eucharistie dans la basilique Saint-Marc de Venise en compagnie de quelques évêques et prêtres coptes. Les deux hommes n’ont pas encore eu l’occasion de se rencontrer en personne: Tawadros II avait envoyé une lettre de félicitations au Souverain pontife américain à l’occasion de son élection en 2025. Ils s’étaient entretenus également par téléphone. En attendant une rencontre, le Pape Léon XIV, depuis la fenêtre du Palais apostolique, a demandé des prières pour toute la «bien-aimée» Église copte «dans l’espérance que notre chemin d’amitié nous conduise à l’unité parfaite en Christ». Dans la lettre signée le 4 mai, mais publiée ce vendredi, il réitère ce souhait, en s’attardant en particulier sur le concept même d’«amitié». Pour les chrétiens, il ne s’agit pas d’un «vague sentiment», mais du «centre même de notre vie et de notre foi», qui puise dans l’enseignement du Christ selon lequel «il n’y a pas de plus grand amour» que de «donner sa vie pour ses amis».

“C'est donc en puisant dans l'amitié du Christ à notre égard que nous pourrons renforcer l'amitié entre nous et entre nos Églises, en continuant à témoigner ensemble de la philanthropie divine envers toute l'humanité!”

Dialogue et unité 


Dans cette optique, Léon XIV exprime l’espoir que la Commission mixte internationale pour le dialogue théologique entre l’Église catholique et les Églises orthodoxes orientales – qui, depuis 2003, est engagée dans un dialogue théologique «extrêmement fécond», ayant produit trois documents qui «témoignent d’une compréhension théologique croissante» – puisse  «reprendre dès que possible ses travaux avec toutes les Églises de la famille orthodoxe orientale, afin de répondre à la prière du Christ: que tous soient un». Toujours dans cette lettre, le Pape remercie l’Église copte orthodoxe pour l’hospitalité offerte aux participants – parmi lesquels plusieurs délégations catholiques – à la sixième Conférence mondiale de la Commission «Foi et Constitution», qui s’est tenue en octobre 2025 au monastère de Saint-Bishoy, à Wadi El Natrun.

Léon XIV se dit enfin «confiant» que les réflexions engagées à l’occasion du 1700e anniversaire du premier Concile œcuménique de Nicée «raviveront notre désir de parvenir à l’unité visible de l’Église»: une unité enracinée dans le «baptême unique que nous professons dans le Credo de Nicée et que, je le prie sincèrement, nous pourrons atteindre». En vue de la Pentecôte, le Souverain pontife invoque le l'Esprit Saint afin qu’il «guide Coptes et catholiques, dans notre pèlerinage commun dans la vérité et la charité vers la pleine communion».


vatican news cité du vatican

samedi 16 mai 2026

L’expression “l’habit ne fait pas le moine” doit son origine à l’histoire de Monaco



 Notre culture et notre langue française sont fortement influencées par nos racines chrétiennes. Découvrez ces expressions que nous utilisons souvent sans soupçonner qu’elles puisent leur origine dans la tradition religieuse. Découvrez aujourd’hui : "l’habit ne fait pas le moine", une expression qui tire notamment son origine de l’histoire de Monaco.


Ne pas juger les gens sur leur apparence. Voilà un conseil bien avisé, même si nous avons parfois du mal à l’appliquer, et qui date de fort longtemps puisque dans l’Antiquité, les Romains disaient déjà Barba non facit philosophum (la barbe ne fait pas le philosophe) ! Mais comment est-on passé de la barbe à l’habit et du philosophe au moine ?

Deux théories pour une expression

Deux théories sont en lice pour expliquer l’origine de cette expression. L’une d’elle, plutôt rocambolesque, remonte au XIIIe siècle. A l’époque, la république de Gênes est divisée par une querelle politico-religieuse opposant les Gibelins, partisans des empereurs du saint empire Romain Germanique, aux Guelfes, partisans du pape. Suite à la victoire des Gibelins, de nombreuses familles guelfes, dont la famille Grimaldi, sont contraintes à l’exil vers la Provence. Un soir de janvier 1297, François Grimaldi se rend avec quelques hommes à Monaco. L’empereur romain germanique Henri VI a concédé la souveraineté du rocher aux Gibelins qui y ont construit une forteresse.

Déguisés en moines franciscains, le visage masqué par leur capuche, l’épée dissimulée sous leur robe, ils arrivent à la porte de la forteresse après le couvre-feu et demandent asile pour la nuit. Mis en confiance par leur habit, les gardes les laissent entrer. Pendant la nuit, François ouvre la porte à ses soldats placés en embuscade et ils s’emparent de la forteresse (un stratagème qui lui fera gagner le surnom de malizia, le rusé). Comme le détaille le site officiel du palais de Monaco, l’épisode a été immortalisé sur les armoiries de la famille Grimaldi, ornées de "deux Frères Mineurs chevelus, barbus et chaussés, portant chacun une épée levée, debout sur une banderole, avec la devise : Deo Juvante (avec l'aide de Dieu)". Et en 1997, une statue de François Grimaldi grandeur nature avec son habit de moine a été installée devant le palais en commémoration des 700 ans de la dynastie Grimaldi à Monaco.

Observation de la Règle et perfection de la vie

L’autre explication se révèle beaucoup moins aventureuse et donne un caractère juridique à l’expression, à prendre cette fois au sens propre. Dès le XIe siècle, un certain nombre d’établissements religieux s’enrichissent de façon importante grâce aux bénéfices ecclésiastiques. Certains opportunistes, désireux de profiter de ces richesses et avantages, prennent l’habit monastique sans avoir prononcé leurs vœux.

Dans son Histoire générale des auteurs sacrés et ecclésiastiques, le Bénédictin Rémy Cellier (1688-1763), historien de l’Église catholique, explique ainsi que le pape Innocent III a annulé l’élection d’un laïc à l’abbaye de Luxeuil (Vosges), défendu aux moines de lui obéir et invalidé toutes ses décisions car il n’était pas moine avant son élection. « On ne doit pas faire moine celui qui ne demande de l’être que sur l’espérance qu’il a, ou sur la promesse qu’on lui a faite, d’être Abbé », écrit Innocent III. Et de conclure : "Ce n'est pas à l'habit qu'on reconnaît le moine, mais à l'observation de la règle et à la perfection de sa vie".

aleteia

vendredi 15 mai 2026

Léon XIV rend hommage à Jean Paul II, 45 ans après l’attentat de 1981

 


pope-leo-xiv-audience-xiv-may-13


À l’occasion du 45e anniversaire de l’attentat contre Jean Paul II, Léon XIV a inauguré son audience générale, ce 13 mai, par une prière silencieuse sur le lieu où le pontife avait été grièvement blessé. Le Pape a ensuite médité sur la figure de Marie, "modèle parfait" de l’Église.


45 ans après l’attentat perpétré contre Jean Paul II, Léon XIV a inauguré l’audience générale de ce 13 mai 2026 par un acte d'hommage à son prédécesseur polonais. Le Pape s'est recueilli devant la plaque commémorant la tentative d’assassinat à laquelle Jean Paul II a réchappé de peu et dont il a porté les séquelles jusqu'à son décès en 2005. La plaque, installée sur les pavés de la place Saint-Pierre, indique l'endroit où "l'athlète de Dieu" a été touché par les balles. Un genou à terre, le 267e pape s’est penché et a posé sa main sur la dalle de marbre blanc portant les armoiries papales et la date (XIII V MCMLXXXI).

Le miracle du 13 mai

Le 13 mai 1981, Jean Paul II, élu pape depuis moins de trois ans, fait le tour de la place Saint-Pierre dans sa jeep découverte au milieu de la foule, lorsque des coups de feu retentissent. Il est 17h19 et le Pape s’effondre dans la papamobile, touché à l’abdomen par les tirs du Turc Mehmet Ali Ağca. Le pontife est aussitôt conduit à l’hôpital Gemelli où il est sauvé in extremis après des heures entre la vie et la mort, tandis que les fidèles du monde entier élèvent des prières pour le chef de l’Église catholique.

Jean Paul II confiera à plusieurs reprises sa certitude d’avoir été miraculeusement protégé par la Vierge Marie, au jour où est fêtée Notre-Dame de Fatima – sanctuaire portugais où la tradition de l'Église reconnaît des apparitions mariales. Le tireur lui-même, que Jean Paul II visitera le 27 décembre 1983 dans la prison de Rebibbia, exprimera sa surprise que sa cible ait survécu. Dans le résumé de la catéchèse du pape lu en français par une interprète, le pape a fait mémoire de "ce jour de Notre-Dame de Fatima, 45ème anniversaire de l’attentat contre saint Jean Paul II", invitant à "contempler le mystère de l’Église en lien avec la sainte Vierge Marie".

Marie, modèle parfait pour l'Église

Dans sa méditation, Léon XIV a fait une lecture du dernier chapitre de la Constitution dogmatique du Concile Vatican II sur l’Église – Lumen gentium – dédié à la Vierge Marie. Il a décrit celle-ci comme "le modèle, le membre par excellence et la mère de toute la communauté ecclésiale".

"Marie est le modèle parfait de ce que toute l’Église est appelée à être", a-t-il assuré, insistant sur sa "docilité à l’action du Saint-Esprit". Le pontife américain a encouragé les fidèles à "s’adresser à elle avec une confiance filiale, dans la certitude d’être [écoutés, protégés et aimés]". Il a invité aussi à se sentir "partie intégrante de l’Église, dans l’obéissance aux pasteurs que Dieu lui donne".  



aleteia

Dans une lettre à Tawadros II, Léon XIV exhorte les chrétiens à être témoins d'unité

  Un entretien téléphonique a eu lieu entre Léon XIV et le patriarche du siège de Saint-Marc de l’Église copte, à l’occasion de la Journée d...