mardi 9 juin 2026

Les Augustins rencontrent leur «frère» Léon XIV

 




Ce dimanche après-midi, à la nonciature apostolique de Madrid, le Pape a reçu 220 pères augustins issus de différentes communautés ainsi que divers membres de la famille augustinienne du pays. «Il a été impressionné par les jeunes, lumière de l’aube. Il nous a donné le courage d’aller de l’avant et de travailler davantage pour les gens», confie l’un d’eux.

«Il est content. Je crois qu’il se sent bien ici !» assure le père José María Herranz Maté, l’un des Augustins espagnols présents ce dimanche après-midi dans le salon principal de la nonciature apostolique de Madrid, où le Pape a rencontré ses confrères pour un entretien privé. C’est une coutume instaurée par le Pape François que de rencontrer, lors de ses voyages apostoliques, les membres de son propre ordre religieux. Léon XIV poursuit cette tradition et, en cette deuxième journée de sa visite apostolique en Espagne, il a consacré plus d’une heure à ses confrères.

La rencontre à la nonciature


Environ 220 pères augustins issus de différentes communautés étaient présents, ainsi que divers membres de la famille augustinienne du pays, parmi lesquels les sœurs de vie contemplative, dont le Pape, dans son discours entièrement improvisé a souligné la valeur de la vocation «aussi pour donner un sens à l’action sociale, à une époque où l’on perd le silence et la capacité de l’homme à entrer dans son propre cœur».

La Salle de presse du Saint-Siège précise via sa chaîne Telegram que le Souverain pontife a adressé à toutes les personnes présentes «quelques mots de gratitude pour cette rencontre, soulignant que la communion et l'unité de cœur entre les Augustins peuvent constituer un message pour le monde en cette période historique». «Un message à transmettre aux jeunes», indique-t-elle. 

Les jeunes, une «lueur»


Au cours de ce rendez-vous «beau» et «vraiment familial», commente le père José, il s’est longuement attardé sur le thème de la pastorale, en particulier celle des jeunes. Le Pape Léon XIV a été très «impressionné» par les jeunes garçons et filles d’Espagne, explique le père Augustin, en référence aux 600 000 jeunes rencontrés samedi soir sur la Plaza de Lima, qui ont partagé avec le Souverain pontife leurs questions, leurs doutes et leur quête spirituelle.

«Il nous a dit que les jeunes sont comme une lumière du matin, une étoile. En espagnol: "un brillo". Comment dit-on cela en italien?», demande le père José María Herranz. «Il a également parlé de la pastorale des jeunes et de tout le travail que nous, les Augustins, accomplissons auprès d’eux. Il nous a remerciés pour ce que nous faisons ici en Espagne et nous a donné le courage d’aller de l’avant et de travailler davantage pour le peuple de Dieu».

Gratitude et encouragement

Avec les Augustins, Léon XIV a également partagé ses impressions et ses émotions sur ces premiers jours de voyage en Espagne: «Il est content, c’est ce qu’il nous a dit». Le Pape a ensuite invité tout le monde à réciter ensemble le Notre Père et a donné sa bénédiction ; enfin, il a salué chacune des personnes présentes: «Il a salué énormément de monde. Tout le monde ! C’était une salutation chaleureuse. Et nous l’avons remercié pour sa présence en Espagne et pour ce geste qu’il a eu envers nous en venant nous rencontrer, pour sa disponibilité, car bien qu’il soit très occupé, il a pu passer près d’une heure avec nous».

C’est «le remerciement de ses fils, car c’est un Pape qui est un père pour nous», conclut le père José. Dans les prochains jours, il suivra les autres rendez-vous du voyage papal: «Demain, nous serons au Bernabéu. Certains membres du Conseil se rendront également à Barcelone, car il y a là-bas d’autres rencontres, notamment avec la communauté augustinienne. Il est toujours disponible pour rendre visite à ses frères, ses frères».



vatican news

lundi 8 juin 2026

Trois perles de sagesse de Jeanne d’Arc pour devenir meilleur



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Jeanne d'Arc, cathédrale de Nevers.

Ce 30 mai, l'Église fête sainte Jeanne d’Arc. L’occasion de tirer profit de la sagesse de celle qui, selon Mark Twain, "demeure, de très loin, la personnalité la plus extraordinaire jamais produite par la race humaine".

Jeanne, meilleure coach des temps modernes. Pour Alexandre Dianine-Havard, fondateur du système de Leadership Vertueux et grand admirateur de Jeanne d’Arc, l’héroïne d’Orléans "nous communique la beauté et la grandeur de l’être humain, elle suscite en nous une soif de vivre, d’entreprendre et de se sacrifier". Il en a fait lui-même l’intime expérience il y a une vingtaine d’années.

Alors qu’il exerçait le métier d’avocat en Finlande, le visage de Jeanne, "resplendissant de lumière et de pureté", lui apparut une nuit et lui souffla, en anglais : "Let’s go !" (On y va!). "Une grâce qui m’invitait à abandonner mon métier d’avocat pour me consacrer à l’enseignement du leadership vertueux dans le monde entier", confie Alexandre Dianine-Havard dans les premières pages de son petit ouvrage Coaché par Jeanne d’Arc (Le Laurier) paru début novembre.

Convaincu de la grandeur et de la modernité qu’offre la figure de Jeanne, il s’est attaché à observer différents épisodes de sa vie et à les ériger en modèles applicables à la vie quotidienne contemporaine. Au gré des quinze chapitres qui composent le livre, le lecteur se laisse entraîner par sainte Jeanne d'Arc qui "nous souffle à l’oreille de bons conseils." Observons trois perles de sagesse parmi les quinze.

Ne pas craindre l’échec

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© Hermitage museum
Hermann Anton Stilke, Jeanne d’Arc au bûcher, 1843, huile sur toile.

En dépit d’une vie héroïque, Jeanne en a connu, des échecs. Le plus marquant est sans doute celui d’avoir été brûlée vive à Rouen, alors que les Anglais n’avaient pas encore été boutés hors de France. Sensation d’une mission non achevée. Et pourtant, fait dire Alexandre Dianine-Havard à son héroïne, "c’est grâce à mon martyre que ma mission a été achevée. À l’heure même de mon supplice, les Anglais ont commencé à douter de leur victoire."

En outre, galvanisés par sa force d’âme et son courage, ce sont ses soldats qui ont terminé sa mission, non plus avec elle, mais pour elle. De même, son procès, si scrupuleusement enregistré, minuté et scellé, est finalement devenu une œuvre à sa gloire, grâce à laquelle le monde entier a eu connaissance de sa vie.

"Là où tu vois un échec, Dieu voit une victoire", souligne l’auteur, même si on en perçoit pas immédiatement le sens. Il propose un exercice pratique pour mieux s’en rendre compte : identifier trois grands échecs de son existence et y déceler, avec du recul, les victoires qui en ont découlé.

Développer sa grandeur d’âme

JULES EUGÈNE LENEPVEU
Jules Eugène Lenepveu ( CC BY-SA 2.5 ) from Wikimedia Commons
Le tableau suivant, très célèbre, illustre le sacre du roi Charles VII à Reims par l'archevêque de Chartres avec une Jeanne d'Arc les yeux levés au ciel pour rappeler que cet évènement n'est dû qu'à la volonté de Dieu.

"Le magnanime veut faire de grandes choses, mais il veut avant tout être grand", écrivait Alexandre Dianine-Havard dans nos colonnes à propos de Martin Luther King. Comment être grand ? Là encore, Jeanne ouvre la voie. Cela passe par la découverte de la grandeur dans les petites choses ordinaires, comme l’a fait Jeanne durant sa vie simple de bergère. Cela demande aussi de se laisser toucher par la beauté, la bonté, la vertu, de s’exercer à la contemplation avant de passer à l’action.

La magnanimité, selon Alexandre Dianine-Havard, s’acquiert aussi à travers l’effort d’une vie régulière : tous les jours, Jeanne allait à la messe et s’agenouillait à l’heure des complies. "C’est la régularité, et non pas l’émotion du moment, qui forge le caractère et éduque le cœur".

Enfin, développer sa grandeur d’âme, c’est de ne pas laisser passer l’occasion d’agir. Jeanne a tenu ferme pour convaincre Robert de Baudricourt de la conduire devant le roi. "Il faut que je sois devant le roi", a-t-elle déclaré à Jean de Metz, "car il n’a point de secours que de moi". De la même manière, Alexandre Dianine-Harvard invite à agir toujours comme "s’il n’y avait point de secours que de soi".

Ne pas rechercher les honneurs

Jeanne d’Arc
© Rouen, musée des beaux-arts.
Paul Delaroche - Jeanne d'Arc, malade, est interrogée dans sa prison par le cardinal de Winchester, 1824, huile sur toile.

"Je n’ai jamais cherché à être applaudie. Il m’était suffisant de savoir que Dieu m’aimait. Celui qui possède un sens profond de sa dignité n’a pas besoin d’être applaudi", fait dire à Jeanne Alexandre Dianine-Havard. Devenir meilleur passe par la purification de ses intentions. C’est vivre non pas pour être acclamé mais pour accomplir la volonté de Dieu.

Ce qu’a fait Jeanne. Pleinement. Elle aurait pu légitimement attendre un geste des Français pour tenter de la faire libérer lorsqu’elle était prisonnière des Anglais, mais rien n’a été entrepris. "Ne t’inquiète donc pas si ceux qui devaient t’acclamer t’oublient ou te calomnient. Cherche uniquement à plaire à Dieu".




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