mardi 14 avril 2026

Jean XXIII et le “mensonge” de Gagarine

 


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Depuis 1945, tous les pontifes ont été fascinés par la conquête spatiale. Ainsi, le 12 avril 1961, Jean XXIII apprend qu'un homme a visité l’espace. Or, l’exploit de Youri Gagarine s’est avéré une affaire délicate pour le Saint-Siège.

Le 12 avril 1961, le major Youri Gagarine devient le premier homme à visiter l'espace. À bord de la capsule spatiale Vostok, qui a décollé de la base spatiale de Baïkonour au Kazakhstan, le Russe effectue une orbite complète autour de la Terre en 108 minutes, parcourant le vide spatial à plus de 27.000 km/h. En vol, il transmet à la Terre un message resté célèbre : "D'ici, la Terre est belle, sans frontières ni limites." Plus tard, on rapporte que le cosmonaute a prononcé une autre parole depuis l'espace : "Je ne vois aucun Dieu là-haut." Au retour de sa navette dans l'atmosphère, il s'éjecte et atterrit sur les bords de la Volga. Youri Gagarine ne le sait pas, mais il vient de lancer l'aventure spatiale.

Le Saint-Siège réagit à l'événement dans l'édition de L'Osservatore Romano du lendemain. La tâche est inconfortable : il s'agit de saluer une indéniable victoire communiste tout en ne cédant rien à la pensée athée de Moscou qui s'empresse de faire de Gagarine un héraut de la science matérialiste. La tâche est confiée à Raimondo Manzini, ancien député démocrate chrétien devenu directeur du journal du Pape à la demande de Jean XXIII en 1960. "Voilà qu'une nouvelle conquête scientifique ou un bond en avant dans la technologie nous fait revivre l'image supérieure de l'homme comme créature spirituelle, douée de raison et de liberté, capable, selon l'ordre divin, d'une domination toujours plus grande sur le monde extérieur : l'homme dans son chemin de perfection fait à l'image et à la ressemblance de Dieu", affirme le journaliste. Il semble s'inspirer de la première citation pour défendre une conception pacifique de la science, fruit d'une collaboration internationale "sans frontières". Insistant sur l'importance de la présence du cosmonaute à bord de Vostok 1, Raimondo Manzini met enfin en garde contre les dangers d'une mauvaise utilisation de ces progrès technologiques.

Un progrès véritable et pacifique

Une intervention qui préfigure celle de Jean XXIII le 12 août 1962 dans un radio-message qui ne cite pas le nom de Gagarine. Plus stratégiquement, le pontife a attendu pour évoquer tous les "exploits spatiaux" de son époque, ce qui permet d'inclure implicitement les Américains Alan Shepard et John Glenn qui ont gagné l'espace en mai 1961 et février 1962. Le pape italien souligne l'enthousiasme que ces aventuriers de l'espace génèrent partout dans le monde, et notamment chez les jeunes. Puis s'exclame, avec des accents qui préfigurent l'encyclique l'encyclique Pacem in terris : "Puissent ces événements historiques, tels qu'ils seront marqués dans les annales de la connaissance scientifique du cosmos, devenir l'expression d'un progrès véritable et pacifique, un fondement solide de la fraternité humaine."

Un déclaration qui n'est pas sans rappeler celle prononcée par Gagarine depuis Vostok 1 : "D'ici, la Terre est belle, sans frontières ni limites." Une phrase qui a bien été prononcée, contrairement, selon la communauté scientifique, à la seconde sur l'absence de Dieu dans l'espace. En effet, aucun enregistrement de cette déclaration n'a été retrouvé et la communauté des historiens doutent que ces paroles aient réellement existées, s'appuyant sur certains témoignages de proches de Gagarine. Il semblerait que ces mots aient en fait été tirés d'un discours que Khrouchtchev a prononcé devant les caciques du Parti quelques jours après le vol de Gagarine.


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le cri du Pape pour la paix

 


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À l’issue de la prière du Regina Cæli, ce dimanche 12 avril, le pape Léon XIV a lancé un vibrant appel à la paix, exprimant sa solidarité avec les chrétiens d’Orient et les populations civiles touchées par les conflits en Ukraine, au Liban et au Soudan.

"Que la lumière du Christ apporte du réconfort aux cœurs affligés et renforce l’espérance de paix", a supplié le pape Léon XIV après la prière mariale du Regina Cæli, ce dimanche 12 avril 2026. Le pape Léon XIV a notamment exprimé sa solidarité avec l’Ukraine en ce week-end de Pâques pour les orthodoxes, et il a renouvelé son appel à un cessez-le-feu au Liban.

En notant qu’"aujourd’hui, de nombreuses Églises orientales célèbrent Pâques selon le calendrier julien", le chef de l’Église catholique a adressé ses vœux aux chrétiens orthodoxes et orientaux. Il a adressé à ces communautés son "plus cordial vœu de paix dans la communion de foi du Seigneur ressuscité". 

Il a cependant lié cette joie pascale à la souffrance de nombreux chrétiens orientaux, affirmant accompagner ses vœux "d’une prière plus intense pour ceux qui souffrent à cause de la guerre, en particulier pour le cher peuple ukrainien". La promesse d’une trêve pascale formulée cette semaine par les dirigeants russes et ukrainiens n’a pas été tenue, les autorités ukrainiennes ayant relevé plusieurs centaines de violations sur la ligne de front.

"Que ne faiblisse pas l’attention de la communauté internationale envers le drame de cette guerre", a demandé Léon XIV, craignant une forme de lassitude diplomatique et médiatique face à cette guerre qui s’enlise depuis plus de quatre ans et se trouve actuellement éclipsée par les conflits au Moyen-Orient.  

Solidarité avec le Liban

Le Pape, qui s’était rendu l’an dernier au Liban, s’est dit "plus que jamais proche du peuple libanais en ces jours de douleur, de peur et d’invincible espérance en Dieu", quatre jours après des frappes israéliennes massives qui ont fait plus de 300 morts à Beyrouth. "Le principe d’humanité, inscrit dans la conscience de chaque personne et reconnu dans les lois internationales, comporte l’obligation morale de protéger la population civile des effets atroces de la guerre". 

Il a lancé un appel direct "aux parties en conflit à cesser le feu et à rechercher d’urgence une solution pacifique". Des négociations doivent s’ouvrir dans les prochains jours à Washington entre des diplomates libanais et israéliens. Par ailleurs, le pape ne s’est pas encore exprimé au sujet de l’échec des négociations entre Américains et Iraniens qui s’étaient ouvertes ce 11 avril au Pakistan.

"Assez avec l’idolâtrie de soi-même et de l’argent ! Assez avec la démonstration de force ! Assez avec la guerre !", avait exhorté le pape Léon XIV la veille, le 11 avril, dans sa méditation prononcée lors du chapelet pour la paix. Dans un contexte de délicates négociations engagées entre les États-Unis et l’Iran après plus de 40 jours d'une guerre qui a semé le chaos au Moyen-Orient, le pape Léon XIV a exhorté au dialogue et au renoncement à tout fantasme de toute-puissance

Ne pas oublier le Soudan et l’Afrique

Le Pape a également évoqué un autre conflit souvent moins visible, rappelant que "mercredi prochain marquera trois ans depuis le début du sanglant conflit au Soudan", déclenché le 15 avril 2023 en raison de la rivalité entre deux généraux qui participaient à la junte mise en place après le putsch de 2021.

"Combien souffre le peuple soudanais, victime innocente de ce drame inhumain ?", s’est insurgé le Pape. Il a renouvelé "son appel pressant aux parties belligérantes afin qu’elles fassent taire les armes et engagent sans conditions un dialogue sincère visant à mettre fin au plus vite à cette guerre fratricide".

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Jean XXIII et le “mensonge” de Gagarine

  AFP / De Agostini Editore, Public domain, via Wikimedia Commons Depuis 1945, tous les pontifes ont été fascinés par la conquête spatiale. ...