mercredi 22 juillet 2026

une “Cendrillon” parmi les saints

 


GERMAINE COUSIN

Orpheline, malade et maltraitée par sa belle-mère, Germaine Cousin a enduré bien des peines et des vexations au cours de sa courte existence. Cette "Cendrillon" du XVIe siècle, fêtée le 15 juin, est aujourd’hui la patronne des enfants victimes de maltraitance, des personnes handicapées et des personnes abandonnées.

Il était une fois, dans le Sud-Ouest de la France, près de Toulouse, une petite bergère. Elle vécut dans la misère, persécutée par sa belle-mère, mais devint, après sa mort, une des saintes les plus populaires de l’Occitanie. Un conte ? Non, une histoire vraie, celle de Germaine Cousin, née en 1579 à Pibrac, près de de Toulouse.

Maltraitée par sa belle mère

Germaine Cousin est née scrofuleuse. Sa maladie lui provoque des déformations du corps très importantes dont son bras droit, difforme et partiellement paralysé. Alors qu’elle n'a que 4 ans, la peste emporte sa mère bien aimée. Son père, Laurent Cousin, se remarie avec Armande de Rajols. Mais dès le premier regard, Armande déteste Germaine. Elle n’exprime pour sa belle-fille que de la haine. Germaine, déjà orpheline, est alors placée sous le joug d’une cruelle marâtre. Cette dernière envoie la fillette garder les troupeaux. Seule, elle doit supporter les intempéries, le froid, la pluie et les fortes chaleurs du sud-ouest.

Offrir ses souffrances au Seigneur

Le secret de Germaine Cousin pour résister à tant de maltraitance ? La prière. Sa vie de solitude et les sévices qu’elle subit sont pour elle une source de bénédiction et de paix. Très vite, elle offre à Dieu sa faim et ses douleurs. Remplie d’une grâce abondante, elle devient un exemple de vertu, tant au niveau de l’humilité et de la patience que de l’amour qu’elle porte à son prochain.

Germaine s’astreint à une vie de pénitence et de prière. Vivant de peu, elle se prive de sa maigre pitance afin de la partager avec les pauvres. Ne sachant lire, elle récite le chapelet. Tous les jours, elle se rend à la messe et prie devant le Saint-Sacrement. Elle plante sa quenouille, laisse son troupeau et charge ses anges de garder ses bêtes. Jamais un mouton n’a été perdu.

L’enfant maltraitée reconnue comme sainte

Un matin de juin 1601, son père se rend dans la grange et trouve Germaine, morte. Elle a 22 ans. Après son décès, de nombreux miracles sont attribués à la jeune femme qui est canonisée le 29 juin 1867 par le pape Pie IX. Germaine Cousin, également appelée Germaine de Pibrac du nom de son village, est la sainte patronne des enfants victimes de maltraitance, des personnes handicapées et des personnes abandonnées.

Aujourd'hui encore, des familles du village viennent régulièrement réciter le chapelet en suivant le chemin de croix dressé le long des deux kilomètres qui séparent l’église et la maison de sainte Germaine. Le sud-ouest manifeste encore une dévotion toute particulière à la jeune femme : de nombreux villages environnant ont leur statue à l’effigie de la sainte, et les 14 et 15 juin, chaque année, plusieurs centaines de pèlerins viennent fêter et prier la sainte de Pibrac.


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mardi 21 juillet 2026

Celui qui introduisit saint Paul auprès des apôtres

 



SAINT PAUL BARNABE

Tableau représentant Saint Paul et saint Barnabé à Lystre.

Sans la bienveillance et l’audace de saint Barnabé, fêté ce 11 juin, saint Paul ne serait peut-être jamais devenu apôtre. Pourtant, les deux hommes se sont disputés et même séparés.

Barnabé, Juif originaire de Chypre, est un chrétien des toutes premières communautés de l’âge apostolique. Il est qualifié du nom d’apôtre, même s'il n’est pas l'un de ceux que l'on nomme "les douze". Et il ne s’appelle pas Barnabé mais Joseph, avant que les apôtres n’en décident autrement et l’envoient diriger l’Église d’Antioche. Car grande est leur estime pour ce "fils de la consolation", ainsi que le signifie son nom en hébreu. Si grande que c’est entre lui et Matthias, parmi les 72 fidèles disciples de Jésus, qu’ils hésitent pour remplacer Judas Iscariote, mort après avoir trahi Jésus.

Barnabé est témoin de la vie, de la mort et de la résurrection du Seigneur. Et à la Pentecôte, l’Esprit saint souffle sur lui comme sur toute l’assemblée présente. Comme tous les autres, il est "touché au cœur" et plus rien n’est alors comme avant. Conformément aux règles de l’Église primitive à Jérusalem, pour marquer sa fidélité et son engagement, il dépose aux pieds des apôtres l’argent de tous ses biens vendus pour qu'il soit redistribué aux indigents, avant de se joindre aux disciples pour répandre le christianisme (Ac 4, 36-37).

Barnabé le bienveillant

Et c’est là qu'entre en scène Paul, son ami d’enfance, foudroyé par une apparition du Christ sur le "chemin de Damas" après avoir été un des grands persécuteurs des chrétiens. Après Damas, il serait allé en Arabie, poussé, dit-on par son grand désir d’évangélisation, ou par celui d’une grande retraite à la suite de sa conversion. Barnabé le retrouve à Jérusalem et a l’audace d’introduire cet ancien persécuteur auprès des apôtres.

Saint Barnabé est un "homme bon, plein de foi, rempli de l’Esprit saint", disent les Écritures. Il se porte garant de la sincérité de la conversion de son ami alors que personne d’autre ne lui fait encore confiance. Il raconte aux disciples "comment, sur le chemin, Saul avait vu le Seigneur, qui lui avait parlé, et comment, à Damas, il s’était exprimé avec assurance au nom de Jésus" (Ac 9, 27). Après les avoir convaincus, et sur approbation de saint Pierre, Barnabé associe Paul à la mission de prêcher la Bonne Nouvelle aux païens - vocation qu’il a lui-même reçu du ciel à Antioche -, favorisant ainsi la vocation missionnaire de son ami.

La séparation  

Douze ans s’écoulent entre leur premier voyage à Chypre et en Asie Mineure et leur séparation après un différend suffisamment important pour que Barnabé retourne à Chypre sans Paul, et que Paul poursuive ses voyages missionnaires dans d’autres lieux que ceux visités par son compagnon. Comment Paul et Barnabé en sont-ils arrivés là ? Les Écritures rapportent qu’après le succès de leur première mission dans un grand nombre de villes et de pays, prêchant et réalisant de nombreuses conversions, ils ont voulu y retourner pour voir où en était la situation, mais ne se sont pas entendus sur la possibilité d’emmener avec eux un troisième compagnon, un certain Jean, probablement le futur auteur de l’Évangile de Marc : "Barnabé voulait emmener aussi Jean appelé Marc. Mais Paul n’était pas d’avis d’emmener cet homme, qui les avait quittés à partir de la Pamphylie et ne les avait plus accompagnés dans leur tâche. L’exaspération devint telle qu’ils se séparèrent l’un de l’autre" (Ac 15, 37-39).

Barnabé était prêt à prendre un risque important pour une personne a priori peu digne de confiance. Mais n’était-ce pas ce qu’il avait fait pour Paul, malgré ses lacunes ?  Doit-on y voir une question de tempérament ? L’un plus doux et bienveillant, l’autre plus autoritaire et sévère et présenté de plus en plus, au fil des Actes, sous les traits d’un futur leader. Dans les Actes, on parle d'ailleurs de moins en moins de "Barnabé et Paul" et de plus en plus de "Paul et Barnabé". Paul est parti avec Silas, un autre disciple, pour la Syrie et la Cilicie, tandis que Barnabé et Marc sont repartis évangéliser Chypre. Et le récit des Actes des apôtres ne se focalisera alors plus que sur Paul est ses voyages missionnaires, et plus du tout sur ceux de Barnabé.

Barnabé est mort à Chypre, sa patrie. Il a été martyrisé près de Salamine, l’actuelle Famagouste, par pendaison ou lapidation, selon les versions. Son tombeau, découvert sous l’empereur Zénon, au Ve siècle, aurait contenu un exemplaire de l'Évangile de Matthieu.


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