mardi 16 juin 2026


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Alors que le voyage du pape en Espagne a suscité un immense engouement populaire, la visite de Léon XIV au siège de l’épiscopat espagnol, le lundi 8 juin, a donné lieu à un épisode cocasse. En déjeunant avec les évêques, le pape Léon XIV a confié avoir fait un test pour voir ce que l’intelligence artificielle pourrait lui suggérer de dire pour son discours. Le résultat s’est avéré très… approximatif !

Deux semaines jour  pour jour après la publication de son encyclique Magnifica humanitas pointant les opportunités mais aussi les risques de l’intelligence artificielle, Léon XIV a profité de son voyage à Madrid pour en délivrer une illustration savoureuse. La séquence n’a pas été enregistrée et ne faisait pas partie du discours officiel du Pape, mais elle a été racontée par Yago de la Cierva, un universitaire espagnol membre du comité d’organisation de la visite papale, qui a participé au déjeuner du pontife avec l’épiscopat espagnol. 

Le pape Léon XIV, rieur et détendu comme souvent depuis le début de cette tournée historique en Espagne, a raconté qu’avant de partir en voyage, par curiosité, il avait consulté l’intelligence artificielle (IA) en lui demandant : "Que devrait dire le pape aux évêques espagnols ?" L’intelligence artificielle lui a répondu : "Le pape François dirait…" Alors il l’a interrompue et lui a dit : “Ah, mais, je crois qu’il y a un autre pape maintenant.” L’intelligence artificielle a alors répondu : "Ah, c’est vrai, pardon, c’est désormais le pape Léon."

Nous, nous avons un autre algorithme. Et cet autre algorithme nous conduit à aimer les gens, à accompagner les personnes, à nous faire serviteurs de la Parole.

Les limites de Chat GPT sur le suivi de l’actualité des papes ont souvent été remarquées par les utilisateurs, mais Léon XIV lui-même a pu constater que les IA avaient du mal à l’intégrer dans leur système. Sans s’en offusquer personnellement, Léon XIV, le vrai pape régnant et vivant, en a donc tiré cette conclusion édifiante, en disant aux évêques : "Nous, nous avons un autre algorithme. Et cet autre algorithme nous conduit à aimer les gens, à accompagner les personnes, à nous faire serviteurs de la Parole." 

Ces propos, tenus avec un mélange de légèreté et de profondeur, ont rejoint les thèmes de son encyclique et de nombre de ses interventions. Samedi soir, devant 600.000 jeunes rassemblés sur la place de Lima, au centre de Madrid, le pape les a exhortés à se faire disciples du Christ dans la sphère numérique comme dans les relations réelles. "En vous voyant, chers jeunes, pleins de cet enthousiasme motivé par la foi, je me réjouis de penser à votre capacité à témoigner du Christ dans le monde, y compris dans la réalité numérique, pour communiquer les valeurs et la beauté de l’Évangile", a expliqué Léon XIV.

Le besoin vital de sens et de relations humaines

Rencontré quelques heures après cette rencontre, Esteban, un jeune Espagnol qui étudie justement l’IA, avouait qu’il n’avait pas encore pris connaissance de l'encyclique, mais que les réflexions de Léon XIV lui ont donné envie de le lire. "Les mots du pape rejoignent ma philosophie de la vie. Je crois que l’intelligence artificielle est un outil formidable dans notre vie professionnelle et nous devons apprendre à bien l’utiliser, mais cela ne doit surtout pas remplacer l’amitié et les relations humaines", estimait le jeune homme.

Pour le Pape, entretenir un rapport sain avec l’IA est le principal enjeu de civilisation de ce temps, car le développement technologique doit s’accompagner des perspectives de sens. "Notre société possède une capacité extraordinaire à produire, innover et communiquer", a-t-il remarqué dimanche soir lors de sa rencontre avec le monde culturel, sportif et économique à la “Movistar Arena”, à Madrid. 

"Cependant, il semble que nous ayons encore besoin d’apprendre à préserver l’essence de ce qu’elle crée. Autrement, nous risquons de devenir des experts en médias et efficaces dans la production, mais incertains quant au ‘pour quelle raison, pour quoi, avec qui, et pour qui produit-on’", a-t-il pointé. Une façon de poser de nouveaux jalons dans un pontificat qui n’est pas orienté vers le refus de la technologie, mais tourné vers le souci de réconcilier la science et la conscience pour éviter la ruine de l'âme.

aleteia

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