jeudi 26 juin 2025

LE CONCORDAT DU 20 JUILLET 1933

 



Le concordat du  est un accord signé entre le Saint-Siège, représenté par le cardinal Pacelli (futur pape Pie XII), secrétaire d'État, et le Reich allemand, représenté par le vice-chancelier Franz von Papen. Ayant vu sa validité confirmée en 1957, il est encore en vigueur de nos jours.

Signature du concordat à Rome, le 20 juillet 1933.

Genèse du concordat

Le pape Pie XI mène une politique très active de négociation et de signature de concordats ; dix-huit seront signés au cours de son pontificat. Il en négocie avec tous types de régimes : autoritairesdémocratiquessocialistes (comme l'URSS) ou fascistes (comme l'Italie), en parvenant souvent à un accord[1]. Par cette politique, il cherche à protéger les catholiques et préserver les institutions de l'Église (en évitant notamment l'ingérence des États dans les nominations d'évêques) et de la famille chrétienne, dans deux domaines en particulier : l'éducation et le mariage.

Pie XI a une bonne connaissance de l'Allemagne. Il n'ignore pas les difficultés posées par les séquelles du Kulturkampf dans un pays majoritairement protestant : les catholiques ne représentent que 32 % de la population, concentrés en Bavière et en Rhénanie. Néanmoins, cette importante minorité est active, en particulier s'agissant des mouvements de jeunesse. Elle compte 20 000 prêtres, 100 000 religieux et un parti politique, le Zentrum.

Pie XI demande donc à Mgr Pacellinonce apostolique en Allemagne et futur Pie XII, d'engager des négociations avec la république de Weimar. Celui-ci rencontre Friedrich Ebert. Cependant, le gouvernement fédéral ne souhaite pas entretenir des relations directement avec une religion. L'article 137 de la Constitution de Weimar proscrit ainsi toute « Église d'État ». En revanche, il permet des négociations au niveau des Länder. En conséquence, des concordats sont signés avec la Bavière (), la Prusse () ou encore le pays de Bade (), tous dans des conditions globalement favorables à l'Église catholique romaine.

L'accord

L'arrivée du Parti nazi au pouvoir en janvier 1933 change la donne. Le catholique conservateur Franz von Papen est nommé vice-chancelier. Le programme de restauration de la grandeur allemande séduit une partie des catholiques. De son côté, Pie XI est traumatisé par les événements de la Russie soviétique. Il relance les négociations au mois de mars, cette fois au niveau de l'Allemagne tout entière. Il s'appuie sur Mgr Pacelli, devenu secrétaire d'État, Mgr Gröberarchevêque de Fribourg, et Mgr Kaas, président du ZentrumHitler lui-même est peu convaincu par l'idée d'un tel accord, mais von Papen le convainc : il lui fait miroiter le ralliement de l'électorat catholique.

Les négociations se déroulent très rapidement. Le 20 juillet, la convention est signée. Von Papen y voit une grande victoire contre le bolchévisme ; Pie XI un accord « inattendu et inespéré » (M. Agostino), évitant un nouveau Kulturkampf. Si le Zentrum disparaît, l'Église catholique romaine est reconnue pour la première fois dans l'ensemble du Reich ; les associations, les œuvres de jeunesse, l'école confessionnelle se voient accorder des garanties ; les biens confisqués sont restitués.

Les catholiques allemands accueillent le concordat d'un œil plutôt favorable ; ainsi du cardinal Bertram, qui avait pourtant présidé la conférence de Fulda (1932) interdisant aux catholiques d'adhérer à la NSDAP. De fait, le gouvernement nazi paraît un interlocuteur plus digne de confiance que la république de Weimar, accusée de tous les maux. Du côté des nazis, on se satisfait de la disparition du Zentrum. De plus, l’article 14 du concordat disposait : « Les nominations d’archevêques, d’évêques et toute autre nomination ne deviendront définitives que lorsque le représentant du Reich aura donné son accord pour ce qui est de savoir si ces nominations ne présentent pas d’inconvénients au point de vue politique générale ».

« La conclusion du concordat me paraît apporter la garantie suffisante que les citoyens du Reich de confession catholique se mettront dorénavant sans réserve au service du nouvel État national-socialiste. » déclarera Adolf Hitler[2].

Postérité du concordat

Très vite, l'Église doit perdre ses illusions : comme en Italie, le concordat n'est pas respecté. À la fin du mois de juin, lors de la « nuit des Longs Couteaux », les dirigeants des mouvements de jeunesse catholique sont exécutés par les SS. À partir du mois d'octobre, les nazis persécutent le clergé. Au cours de l'été 1934, le chancelier autrichien Dolfuss, fervent catholique, est assassiné. Toutefois, le concordat permet à l'Église catholique de garder une certaine indépendance de fonctionnement face au régime, tout comme les « Églises libres » protestantes indépendantes, ce qui n'est pas le cas des Églises protestantes principales, subventionnées par l'État, qui se voient dirigée par les Chrétiens allemands, mouvement chrétien lié au national-socialisme.

Rome réagit en mettant à l'Index Le Mythe du XXe siècle, de l'idéologue nazi Alfred RosenbergPacelli adresse 55 notes de protestations, de 1933 à 1939, au gouvernement allemand. Enfin, le Pie XI publie l'encyclique Mit brennender Sorge, condamnant le paganisme et le racisme. Pour autant, le concordat n'est dénoncé par aucune des parties.

En , il s'absenta ostensiblement du Vatican lors de la visite d'Hitler. Le , prenant position contre la législation antisémite italienne, il déclara à un groupe de pèlerins belges cette phrase célèbre : « Nous, chrétiens, sommes spirituellement des sémites. »[3] Il ordonna également aux universités catholiques d'organiser un enseignement contre l'antisémitisme et le racisme. Juste avant son décès, il avait fait préparer une encyclique contre le nazisme et un discours dénonçant les écoutes et les déformations des propos de l'Église par les fascistes.

Après la Seconde Guerre mondiale, le sort du concordat est suspendu. Le , la Cour constitutionnelle allemande reconnaît sa validité.

Controverse

Dans les années 1950 eurent lieu les discussions sur la validité du concordat. La question se pose alors des conditions dans lesquelles cet accord a pu se réaliser, notamment sur des liens entre le vote de la loi des pleins pouvoirs le 24 mars 1933 auquel participe le parti catholique Zentrum, la déclaration des évêques allemands à Fulda le 28 mars relevant l'interdiction pour les catholiques d'adhérer au Parti national-socialiste et le début des négociations du concordat début avril. Certains historiens allemands et notamment Karl Dietrich Bracher ou Klaus Scholder (en) considèrent que ces événements sont intimement liés et qu'il y a donc eu un marchandage entre la Curie romaine et l'Allemagne nazie. D'autres, comme Konrad Repgen, réfutent cette thèse, considérant que les initiatives du parti et des évêques allemands n'ont pas été téléguidées par la Curie. L'ouverture des archives vaticanes ces dernières années ne permet pas de trancher le débat[4].

Voir aussi

Notes et références

  1.  (en) Frank J. Coppa, Politics and the papacy in the modern world, Westport, Conn, Praeger, , 278 p. (ISBN 978-0-275-99029-9OCLC 495256344)p. 102.
  2.  Communiqué publié dans la presse allemande le 10 juillet 1933.
  3.  Sylvie DenamyTrois femmes dans de sombres temps : Edith Stein, Hannah Arendt, Simone Weil ou Amor fati, amor mundi, Paris, LGF, coll. « Le Livre de poche » (no 4367),  (1re éd. 2002), 444 p. (ISBN 978-2-253-13096-3OCLC 741372278)p. 175.
  4.  Hubert Wolf (trad. de l'allemand par Marie Gravey), Le pape et le diable Pie XII, le Vatican et Hitler : les révélations des archives, Paris, CNRS éd, coll. « Biblis » (no 66), , 339 p. (ISBN 978-2-271-08003-5OCLC 869880108)p. 133-186.

Bibliographie

  • La Documentation catholique, t. 30, no 672, La Bonne Presse, Paris, 1933.
  • M. Agostino, Le pape Pie XI et l'opinion, École française de Rome, Rome, 1991.
  • V. Conzemius, Le Concordat du 20 juillet 1933 entre le Saint-Siège et l'Allemagne, AHD, Paris, 1977.
  • J. Julg, Histoire des concordats, Nouvelle Cité, Paris, 1990.
  • R. Minnerath, L'Église et les États concordataires, Cerf, Paris, 1983.
  • Annie Lacroix-RizLe Vatican, l'Europe et le Reich : De la Première Guerre mondiale à la guerre froide, Paris, Armand Colin, coll. « Références Histoire »,  (réimpr. 2010), 539 p. (ISBN 978-2-200-21641-2OCLC 716491999).

Articles connexes



SOURCE WIKIPEDIA

LE POUVOIR UNIVERSEL

 



Le pape Pie II et l'empereur Frédéric III.
Le pape Jean XII et l'empereur Otton Ier.
L'antipape Clément III et l'empereur Henri IV.

Au Moyen Âge, le terme pouvoirs universels renvoie au Saint-Empire romain germanique et au pape. Les deux se battent pour ce qu'on appelle le dominium mundi, ou « domination du monde » en termes de suprématie politique et spirituelle. L'empereur et le pape maintiennent leurs autorités respectives au moyen de divers facteurs tels que la dispersion territoriale, le faible niveau des techniques et du développement de la production du mode de production féodale et la tendance sociale et politique allant du féodalisme à la décentralisation du pouvoir.

Les pouvoirs universels perdurent au début du XIXe siècle jusqu'aux guerres napoléoniennes. La réorganisation de l'Europe signifie la fin effective de l'Empire. Bien que la papauté voie ses limites territoriales confinées au Vatican et perde en influence dans les relations internationales, elle conserve son influence spirituelle dans le monde contemporain.

Origines

Étant donné le césaropapisme de l'Empire byzantin, la situation en Occident après le déclin de l'Empire romain assure une position exceptionnellement puissante à l'évêque de Rome. En tant qu'unique patriarche de l'Occident, son statut est bientôt transformé en celui de primatie. En plus de ce pouvoir spirituel, l'évêque de Rome cherche à gagner le pouvoir temporel sur un territoire détenu par divers royaumes germaniques afin d'en faire une véritable théocratie. L'évêque de Rome essaye d'étendre son territoire de la ville de Rome sur l'ensemble de l'Italie et à la suite à l'ensemble de l'Empire romain d'Occident (en conformité avec la donation de Constantin). Le couronnement de Charlemagne en l'an 800,qui commence l'Empire carolingien, marque l'apparition d'une autorité laïque aux prétentions universelles. La longue coexistence de deux siècles du pontife et de l'empire (regnum et sacerdocium) est difficile et aboutit à la querelle des investitures et à plusieurs formulations idéologiques différentes (la théorie des deux épéesPlenitutdo postestatisDictatus papae, condamnations de la simonie et du nicolaïsme). Ce faisant, le pape essaye d'établir la suprématie de l'autorité religieuse sur l'autorité civile (en), démarche qui en vient à être appelée « augustinisme politique ». Pendant ce temps, l'empereur tente de faire respecter la légitimité de sa position, qui prétend descendre de l'ancien Empire romain (Translatio imperii). Pour ce faire, il crée sa propre capacité militaire pour imposer son pouvoir territorial et étendre son pouvoir sur la vie religieuse. Cela est fait d'une manière similaire à celle de son équivalent en Orient. Les efforts aboutissent loin de leurs objectifs[1].

Évolution

La division de l'empire carolingien entre les héritiers de Louis le Pieux et les revendications de différentes dynasties au titre impérial, comme les Ottoniens et la maison de Hohenstaufen, affaiblissent le pouvoir des empereurs et les soumettent à un système d'élection. Celui-ci les rend dépendants d'un délicat jeu d'alliances entre les nobles qui détiennent le titre de prince-électeur, certains laïques et d'autres ecclésiastiques. Nonobstant, il tente régulièrement de reprendre le pouvoir impérial (Otton IIIHenri II). Cela conduit parfois à des affrontements spectaculaires (Henri IVFrédéric BarberousseFrédéric II ). Le renforcement du pouvoir de la papauté est très important à partir du pape Grégoire Ier et dépend de l'appui des ordres monastiques, surtout de l'ordre de Cluny. La constitution d'un grand nombre de ces nouveaux royaumes en fait des féodalités obligées au pape qui les libère de la domination féodale théorique de l'empereur ou d'un autre roi (comme c'est le cas du Portugal). Sur le territoire du saint Empire germanique, la rivalité entre les Guelfes, soutiens de la papauté, et les Gibelins, partisans de l'empereur, domine l'Allemagne et la vie politique italienne du XIIe siècle au XVe siècle.

Finalement, l'autorité de l'empereur se transforme en quelque chose de purement théorique, faute d'une base économique ou militaire forte. Il est incapable non seulement de tenir tête aux monarchies féodales définitivement libres de toute subordination Rex superiorem non recognoscens in regno suo est Imperator (décrétale Per Venerabilem d'Innocent III datée de 1202)[2], mais à ses propres princes territoriaux ou cités italiennes. L'autorité papale elle-même se délabre. Les croisades, préconisées par le pape, ne lui donnent pas plus de contrôle sur les territoires brièvement conquis en Terre sainte, les royaumes européens ou les nouveaux ordres religieux. Avec le papauté d'Avignon et le grand Schisme d'Occident, la monarchie française subjugue la papauté sous son contrôle. Cela affaiblit encore le pouvoir du pape et sape le pouvoir intimidant de l'excommunication jusqu'alors fort redouté[3].

D'autre part, la production d'arguments théoriques sur le thème du pouvoir universel, continue et comprend des contributions comme celles de Marsile de Padoue, Defensor Pacis, ou de Guillaume d'Ockham, « Huit questions sur l'autorité du Pape » (1342) et De imperatorum et pontificum potestate (1347)[4]. Ces travaux continuent de saper les ambitions universelles des deux autorités et sont produits par les auteurs les plus importants de la crise de la scolastique. Celle-ci débat de l'adoption et de l'extension de nouvelles idées juridiques prises au droit romain, avec le jus commune de l'école de Bologne d'une part et le conciliarisme du conseil de Florence de l'autre.

Fin

L'empereur Charles Quint se réconcilie avec le roi François Ier de France, tous deux encouragés par le pape Paul III, tableau par Sebastiano Ricci.

Les deux pouvoirs universels entrent dans l'âge moderne très affaiblis bien que leur pouvoir continuent à être notables. Ils essayent de récupérer ce qui est perdu. Ces tentatives, toutefois, s'avèrent infructueuses, comme dans le cas de l'empereur Charles Quint[5] et les pontifes de la Renaissance (Alexandre VI et Jules II), dont les ambitions s’avèrent impossibles, surtout après la réforme protestante. La réalité imposée au cours de l'Ancien Régime est que de nouvelles monarchies autoritaires (comme les monarchies catholiques) évoluent vers l'absolutisme (comme en France) ou vers les révolutions bourgeoises (comme aux Pays-Bas avec la révolte néerlandaise et en Angleterre avec la guerre civile anglaise). En 1648, le traité de Westphalie supplante définitivement le rôle des pouvoirs universels et entraîne des relations internationales sécularisées sur la base du pragmatisme et de l'importance des États souverains[6]. Même dans les pays catholiques, la théorie selon laquelle seul le monarque peut accorder des redevances limite effectivement le pouvoir pontifical.

Le XIXe siècle voit la fin des deux pouvoirs universels comme entités territoriales : le Sacro Imperio est officiellement aboli par Napoléon Bonaparte qui créé son propre empire, et bien que l'empire de Napoléon est défait, le Saint-Empire romain germanique n'est pas rétabli dans la redéfinition de la carte européenne à la suite du Congrès de Vienne (1814–1815). Les territoires récupérés par la maison de Habsbourg sont transformés en un État multinational, d'abord comme empire autrichien et plus tard comme monarchie double, l'Empire austro-hongrois, qui dure jusqu'en 1918. Par ailleurs, la direction de la Prusse dans la Confédération allemande nouvellement créée entraîne la constitution du second empire allemand en 1871[7]

En même temps, les relations du pape avec la Révolution française et Napoléon, comme avec l'idéologie du libéralisme lui-même, oscillent entre l'opposition directe et la coexistence forcée. En 1860, le nouveau royaume d'Italie formé par le royaume de Piedmont-Sardaigne, conquiert les bases territoriales des États pontificaux (appelées Marches) dans le centre de l'Italie. Cependant, le royaume d'Italie ne prend Rome elle-même qu'en 1871 lorsque le second Empire de Napoléon III retire sa garnison de Rome qui servait à protéger les États pontificaux. Le rejet par le pape de la situation et l'enfermement volontaire des papes au Vatican continuent jusqu'au accords du Latran de 1929 avec le fasciste italien Benito Mussolini[8].

Depuis lors, les efforts du pape sur la scène internationale et dans les affaires internes des pays catholiques transcendent les dimensions territoriales de la Cité du Vatican, ce qui démontre que la dimension religieuse est décisive. Il montre également que ce qui est appelé puissance douce, bien que subtil, peut être efficace en raison de son poids moral, idéologique et culturel.

Sacre de Napoléon et Joséphine devant le pape, réduit à un rôle d'observateur, huile sur toile de Jacques-Louis David.

Compétition entre l'Église et l'empereur

À l'époque carolingienne, les théologiens et conseillers du pouvoir comme Alcuin réinterprètent Augustin pour définir les rôles respectifs de l'empereur et du pape. Selon ces interprétations, le Pape a la charge de préserver le foi droite dans le Christ et de garantir l'orthodoxie des pratiques religieuses. En ce qui concerne le rôle de l'empereur, les théologiens et conseillers du pouvoirs considèrent qu'il doit commander les hommes, défendre l'ordre, la justice et la paix le glaive à la main, et apparaît comme un rex praedicator : il est donc responsable devant Dieu du salut de son peuple dans la perspective de la fin des temps[9] ; son intervention dans les affaires spirituelles est donc légitime. L'ambition du pouvoir séculier à diriger l'Église et la vie religieuse est appelée « césaropapisme ». De 910 au milieu du XIe siècle, la collaboration entre l'empereur et le pape se fait au détriment de la papauté et profite surtout au premier.

À partir du XIe siècle, les papes commencent à s’opposer au césaropapisme et affirment la souveraineté absolue de la papauté sur les affaires spirituelles. Certains vont même jusqu'à revendiquer le pouvoir suprême, ce qui constitue une remise en cause de l'indépendance du pouvoir temporel.

Du milieu du XIe siècle jusqu'à la fin du XIIe siècle, la doctrine pontificale s’élabore dans un contexte d’affrontements[10]. L'affrontement commence avec la querelle des Investitures (1059-1122) lors de laquelle les clercs réformateurs considèrent que l'investiture des évêques par des laïcs entraine des déviances comme la simonie et le nicolaïsme. Le conflit oppose alors le pape Grégoire VII à l'empereur Henri IV. Le conflit est résolu momentanément à la suite de l'avènement d'Henri V, moins intransigeant que son prédécesseur. Le XIIe siècle est un temps temps d’hésitations, en particulier dans le contexte du schisme d'Anaclet II. Effectivement, en 1130, à la mort du pape Honorius II, les cardinaux se trouvent divisés sur l'élection du pape. Dans ce contexte, les évêques français prennent parti pour Innocent II alors que la majorité élit Anaclet II. En 1133, l'empereur Lothaire III emploie la force pour installer Innocent à Rome puis se fait couronner empereur. En 1136, l'empereur doit de nouveau intervenir. En 1139, le 2e concile de Latran met fin au schisme[11], affirmant parallèlement la primauté romaine et la prétention à l'universalité de la papauté. Ensuite, le pontificat d’Alexandre III est marqué par la lutte contre Frédéric Barberousse.

Au XIIIe siècle, les ambitions pontificales s'affirment davantage, d’abord sous le pontificat d’Innocent III, qui affirme et renforce la primauté pontificale. Le règne de Frédéric II coïncide avec le sommet de la lutte entre le pape et l'empereur. À la fin de la période, le conflit finit par basculer du côté de la papauté car les électeurs sont divisés sur le choix du successeur Frédéric II à sa mort en 1250[12]. L'accession de Rodolphe Ier de Habsbourg au trône impérial en 1273 met fin au Grand Interrègne[12].

Continuité du terme

Le nom « empire » est appliqué à des types d'entités politiques qui n'ont pas eu une fonction universelle (théocratique ou césaropapiste), mais pour ceux qui ont un sécularisé un mondial. Cela est possible en termes géostratégiques pour la première fois depuis l'émergence d'une économie mondiale[13].

Bien que les premiers empires à se former (l'empire portugais et l'empire espagnol au XVIe siècle) à leur époque ne se réfèrent pas à eux-mêmes comme des empires, (les Espagnols se désignent en termes providentialistes, comme la monarchie catholique), le nom est généralement appliqué par l'historiographie (qui applique « empire » à toute forme politique du passé avec des dimensions multinationales : empire turcempire mongolempire Inca).

Par conséquent, cela se fait pour l'empire russe, qui prétend être une « nouvelle Rome » après la chute de Constantinople en 1453 (le titre tsar est dérivé de Caesar).

Le terme est également appliqué aux possessions territoriales d'outre-mer des États européens :

De même, le mot « empire » est également utilisé pour désigner des entités non-européennes, tels que l'empire chinois et l'empire du Japon, ou pour donner le titre d'empereur à des dirigeants comme le Négus d'Éthiopie, le chah de Perse et le sultan du Maroc[14].

Dans la plupart des cas, il s'agit d'une « courtoisie diplomatique ». Depuis la guerre froide, il est également commun de désigner les deux superpuissances rivales comme l'empire américain et l'empire soviétique.

Voir aussi

Notes et références

  1.  Julio Valdeón Baruque (es) et José Ángel García de Cortázar (es), dans FERNÁNDEZ ÁLVAREZ, Manuel; AVILÉS FERNÁNDEZ, Miguel y ESPADAS BURGOS, Manuel (dirs.) (1986), Gran Historia Universal (volúmenes 11 y 12), Barcelona, Club Internacional del Libro(ISBN 84-7461-654-9). Especially Julio Valdeón: La época de las ideas universales. El pontificado y el imperio. Las criuzadas. Capetos y Angevinospp. 131–157.
  2.  Francisco Tomás y Valiente et al. (1996) [Autonomía y soberanía. Una consideración histórica], Madrid : Marcial Pons; cité dans Revista de estudios histórico-jurídicos no 21, Valparaíso 1999 (ISSN 0716-5455) [1] [archive]
  3.  Julio Valdeón, op. cit.El siglo XIII. El fin de las construcciones universales. El auge de las monarquías nacionales, vol. 12 pp. 161–184.
  4.  Bibliographic review [archive] « Copie archivée » (version du  sur Internet Archive) of this.
  5.  L'idée impériale de Charles Quint, est à l'occasion caractérisée comme une monarchie universelle et fait l'objet de nombreuses interprétations différentes sur sa modernité ou son caractère médiéval. Ses conseillers, le chancelier italien Gattinara Murcurino, son précepteur flamand Adrien d'Utrecht (futur pape Adrien VI) et les castillans docteur Mota et le moine Antonio de Guevara. (Carlos V y la lengua española [archive] « Copie archivée » (version du  sur Internet Archive) par Manuel Alvar extrait de Nebrija y estudios sobre la Edad de Oro. Madrid: C.S.I.C., 1997, pp. 169–188; qui recueille et commente brièvement la bibliographie du débat). Autres références : Fichier de l'article [archive] par Joseph PérezFile of the classic work [archive] « Copie archivée » (version du  sur Internet Archive) par Ramón Menéndez Pidal (1937), réponse à partir d'un point de vue « hispaniste » au livre de l'Allemand Karl BrandiCarlos V. Vida y fortuna de una personalidad y de un Imperio mundial (Notes over the documentary and bibliographic resources about Charles V [archive] par Claudia Möller, in cervantesvirtual). très brève référence sur le sujet [archive] « Copie archivée » (version du  sur Internet Archive) dans Kalipedia.
  6.  La evolución del sistema interestatal desde la Paz de Westfalia hasta la Revolución Francesa, vista desde una perspectiva analítica (« Évolution du système interétatique de la paix de Westphalie jusqu'à la Révolution française, considérée du point de vue analytique »), qui cite comme source Rosecrance, The Rise of the State Trading. Commerce et conquête dans le monde moderne, New York, Basic Books, 1986. [archive]
  7.  Eric J. HOBSBAWMLas Revoluciones Burguesas (The Age of Revolution. Europe 1789–1848), Barcelona: Labor,  (ISBN 84-335-2978-1)
  8.  Eric J. HOBSBAWMLa Era del capitalismo (The Age of Capital 1848–1875), Barcelona: Labor, , 486 p. (ISBN 84-335-2983-8)
  9.  « Pape et l'empereur : le couronnement de Charlemagne (800) (Le) | EHNE [archive] », sur ehne.fr (consulté le )
  10.  Georges Minois, « 7. L’affirmation de l’Occident. La chrétienté entre théocratie et césaropapisme », Synthèses Historiques,‎ p. 187–213 (lire en ligne [archive], consulté le )
  11.  Myriam Soria« La trahison schismatique, un outil de propagande pontificale (début XIIe siècle) », dans La trahison au Moyen Âge : De la monstruosité au crime politique (Ve-XVe siècle), Presses universitaires de Rennes, coll. « Histoire », , 103–123 p. (ISBN 978-2-7535-6700-9lire en ligne [archive])
  12. ↑ Revenir plus haut en :a et b Henry Bogdan, « 7. Le « grand interrègne » et l’élection de 1273 », Synthèses Historiques,‎ p. 97–105 (lire en ligne [archive], consulté le )
  13.  Concept de Fernand Braudel (es) Fernand BRAUDELCivilización material, economía y capitalismo, siglos XV–XVIII, Madrid, Madrid, Alianza, , 597 p. (ISBN 84-206-9024-4) desarrollado por Immanuel Wallerstein Immanuel WALLERSTEINEl moderno sistema mundial La agricultura capitalista y los orígenes de la economía-mundo europea en el siglo XVI, Madrid, Siglo XXI,  (ISBN 84-323-0342-9)
  14.  Eric J. HOBSBAWMLa Era del Imperio (The Age of Empire 1875–1914), Barcelona: Labor,  (ISBN 84-335-9298-X) p. 56–57

Source de la traduction


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